« Champ de trèfles », c’est mignon comme titre non ? Bon, pour ceux qui ne sauraient pas de quoi on parle, le titre de ce film ne vous aidera pas à y voir plus clair. Si je vous dis que le scénario peut se résumer à : un monstre attaque New York déjà, j’ai perdu 80% de mon auditoire. Si je rajoute que les acteurs sont tous d’illustres inconnus, tous les saint d’esprits restant sont déjà partis lire un autre topic. Enfin, pour m’assurer une salle vide, je terminerai en disant que le réalisateur, tout comme le producteur, viennent de la télé…
Nanar ultime ?
Si vous êtes encore en train de lire ça deux solutions : vous venez d’une autre planète ou vous êtes cinéphile. Qui a dit « C’est la même chose ! » ? A ce stade, vous devez vous dire que j’ai détesté ce film qui sent le moisi plus sûrement que n’importe quel blockbuster américain moyen. Hé bien vous vous plantez totalement ! Cloverfield est tout juste brillant.
Ne réglez pas votre téléviseur, tout va bien
Vous devez sûrement penser qu’il manque un paragraphe à cette chronique. Comment un film qui cumule autant de tares peut-il plaire ? Certains, dont moi, appellent ça le talent. Mais reprenons depuis le début. Le film narre l’histoire de Rob qui vit à New York et qui vient d’être muté au Japon. Pour fêter ça, son frère, sa belle-sœur et son meilleur pote lui organisent une soirée d’au revoir avec tous les gens qu’il aime bien. Le meilleur pote est chargé de réalisé une vidéo de la soirée en souvenir. Et alors que la soirée bat son plein, un tremblement de terre puis une énorme explosion en plein centre de la ville provoque la panique générale.
Une nouvelle fois, sur le papier, on est en plein film de monstre classique. Mais de la théorie à la pratique, il y a un fossé. Tout d’abord dans la forme. Le film est présenté comme un document retrouvé par l’armée américaine après les faits. En fait tout le film est la cassette du caméscope que le meilleur ami ne quittera jamais. C’est donc du DV de bout en bout, mal cadré, mal éclairé et tremblant. Certains diront sans doute que ce n’est qu’un artifice servant à masquer l’incompétence du réalisateur. Et ils auront tord.
Le but ici, et contrairement à ce que pourrait indiquer le genre du film, c’est le réalisme. Rendre cette attaque de bestiole sur le grosse pomme la plus crédible possible. Et quand on y réfléchi, difficile d’être crédible avec de beaux plans larges pris en hélicoptère ou avec de jolis plans serrés glamour sur des héros qui s’embrassent alors que c’est l’apocalypse autour d’eux.
Du coup, la DV subjective se justifie amplement et on y croit. Mais ce n’est pas seulement à cause de cela. Le film prend le temps de faire oublier ce qu’il est. Pendant une demi-heure ( à vu de nez) on est vraiment dans la préparation puis dans la fête elle-même. Et quand le tremblement de terre arrive, on se dit, comme tous les invités « What’s the f*ck is goin’ on ? »
Mais s’il y a une preuve que le film atteint son objectif en terme de réalisme, il s’agit de la scène où tout le monde descend dans le rue après la première explosion. Ces gens qui se regardent en se demandant ce qui se passe, ces immeubles qui s’effondrent tout d’un coup, ces énormes nuages de poussières qui envahissent les rues, ces cris, ces hurlements… On a comme un sentiment de déjà-vu. Oui, pendant quelques minutes, on est en plein 11 septembre 2001. Il fallait oser ramener ça en plein Godzilla-like. Mais la façon dont s’est fait, cette espèce de mimétisme formel, rend le tout subliminal. Ca renforce donc le réalisme sans tomber dans le pathos.
I’m your Superbeast !
Et la bête dans tout ça ? Parce qu’après tout, on est quand même dans un film de monstre. Oui mais… non. On est pas vraiment dans le film de monstre mais plutôt dans le film catastrophe. Et encore, on ne retrouve aucun des codes du film catastrophe. C’est juste l’histoire de quelques individus en plein milieu de la tourmente.
Reste qu’il y a bien un monstre, que le réal à l’intelligence d’assez peu le montrer et de ne pas en faire la star du film. J’ai trouvé son design assez original, ça fait du bien de voir autre chose qu’un simili dinosaure. Qu’on se rassure toutefois, le film comporte sont lot de scènes d’actions, notamment une scène dans un tunnel du métro assez flippante.
Alors bien sûr, le film à des défauts. A se réclamer réaliste constamment, on est en droit d’être plus regardant sur certains détails. On se dit parfois qu’en pareille situation on aurait lâché la caméra depuis longtemps, mais ça reste anecdotique. Et si on se réfère aux films amateurs du 11 septembre justement, il arrive que les gens ne prennent pas forcément conscience du danger qui les menace. Alors ça passe et ça ne gâche pas le film.
Bref, je vous conseille vraiment d’aller voir Cloverfield qui, selon moi, est une vraie expérience cinématographique, dans tous les sens du terme.

c'est horrible la façon dont s'est filmé à travers la caméra, original ça c'est sur mais faut avoir les tripes bien accrochées 



) et le fait que les persos
)
. Et tout particulièrement au dernier épisode, qui m'a littéralement scotché et vraiment mis dans l'attente de la 4e saison. Et sans exagérer, je crois que ca a été ma plus grosse claque en regardant une série (plus que le début de la 4e saison de Friends
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