Après un VGL II molto simpatico mais avec un désagréable arrière-goût de déjà-vu, votre serviteur, Wokie, Zappy et Watoo revinrent pour cette 3e édition vendue comme un "spectacle 100% nouveau", et le constat est sans appel, c'était bel et bien nouveau à... mmh... mettons 85%.
Ce qui est déjà énorme.
Introduction de Marc 'Marcus' Lacombe. C'était cool mais sans plus, car au final il a balourdé quelques banalités d'usage et nous a invité, comme les chauffeurs de salle des années précédentes, à applaudir, crier, encourager l'orchestre durant le spectacle. Mouais.
En tous les cas, on retiendra pour cette année une playliste nettement plus risquée, un peu plus audacieuse, dont voici un aperçu presque chronologique (je fais de mémoire)...
The Beginning is the End
Un choix somme toute logique, c'est par le medley Castlevania Rock, qui était souvent jouée en rappel de l'édition précédente, que s'ouvre ce nouveau spectacle.
Un démarrage en trombe avec un medley qui... gniii... sent de plus en plus le réchauffé après 3 ans.
Toutefois, on comprend la maintenance de ce morceau puisque c'est l'un des rares où le showman Tommy Tallarico a l'occasion de se faire plaisir à la gratte électrique.
On reste toujours dans les morceaux à la guitare avec la première des nombreuses nouveautés de ce VGL III : le magnifique thème de Silent Hill 2. La vidéo présente est issue du concert de Los Angeles, où Akira Yamaoka en personne interprétait sa musique.
Un autre medley symphonique vient chatouiller nos oreilles, celui de la musique du film TRON, signée par Wendy Carlos, alors que sa suite sortait le soir-même aux States. L'occasion pour Tallarico de frimer en montrant son T-shirt et son boxer estampillés du logo du film *soupir*. Très beau medley ceci étant.
Alors, grand bien a pris Tallarico de remplacer Martin Leung par de nouveaux jeunes talents car, non seulement ses numéros au piano sentaient le réchauffé (aussi), mais les petits nouveaux sont absolument prodigieux.
En témoigne cette vidéo montrant la première participation de la jeune Laura Intravia, dans un excellent numéro de Zelda en flûte traversière.
Après ce numéro joyeux, on entame la plongée dans les profondeurs de Rapture avec ce magnifique medley de Bioshock. Les violons du Star Pop Orchestra rendèrent là une sublime interprétation de la musique de Garry Schyman.
Et c'est parti pour une petite floppée de titres console Next-gen avec encore des nouveautés, tout d'abord la musique d'Uncharted 2. La bande-son ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable à la base, alors ce medley ne m'a pas touché davantage.
S'ensuit alors la musique du très beau Space Opera Mass Effect qui, selon le constat lapidaire de Zappy (et d'autres), n'a rien d'un RPG.
La B.O. est à l'origine composée par Jack Wall, co-fondateur du VGL, qui pour ce soir fut remplacé par Emmanuel Fratianni. Pas d'bol !
On aurait préféré une autre musique du sieur Wall, celle de Jade Empire, par exemple.
Du vieux jeu PC dans Video Games Live ? Naaaan
Alors là, j'étais aux anges. Les musiques de jeux ordi en live comme ça sont beaucoup trop rares, et histoire de fêter les 25 ans de la série Might & Magic, le VGL nous gratifia d'un excellent medley symphonique reprenant les thèmes des cinq épisodes de la saga Heroes of Might & Magic, avec en conclusion un thème issu du prochain épisode VI. Beau à en pleurer.
Alors, je pense que l'entracte se situe après ce gros medley made in Blizzard où, dans l'ordre, figuraient les musiques de :
- World of Warcraft, qui s'est pris des huées du public lorsque Tallarico a annoncé le titre (on sentait poindre comme une certaine lassitude ^^).
Ceci étant, le medley était différent des précédents VGL, et fort réussi (avec une variation sur le thème de la taverne, que j'aime beaucoup).
- WoW : The Burning Crusade, la sublime chanson "Lament of the Highborne" interprétée une fois encore par la talentueuse Laura Intravia qui, non contente de super bien jouer de l'instrument, chante en plus comme une déesse.
- Diablo III : Le thème principal "Legacy of Terror" (écoutable sur notre belle radio) se dévoile sous nos oreilles ravies. Une musique puissante, crépusculaire. Un chef-d'œuvre.
Moment de joie, voici les heureux gagnants du concours Video Game Talents récompensés cette année : le groupe AccordZéâm, quatre frenchies qui jouent un medley sur Super Mario complètement déjanté et formidable (avec standing ovation à la fin, sivouplé).
Et vas-y comment je te plombe l'ambiance après ça en te diffusant des images d'archives de la seconde guerre mondiale pour illustrer la belle musique de Medal of Honor.
Ce choix artistique a été suggéré par Steven Spielberg (producteur de la série MOH), un Spielby qui n'en finit pas de nous resservir la Liste de Schindler à toutes les sauces, avec des images bien lourdes et larmoyantes.
Très belle interprétation, mais choix visuel un peu hors-propos selon moi.
Oldies is Goodies
Allez zou, un peu d'old school, ça n'a jamais fait de mal et c'est avec un grand plaisir qu'on réécoute la musique de Street Fighter II, aux thèmes indémodables et inoubliables (avec ici, dans l'ordre, les musiques de Guile, Ryu et Ken).
Attention, certains graphismes font mal aux yeux.
Alors là, choix musical que j'applaudis des deux mains car :
1° - Il s'agit d'un jeu qui a fait un flop commercial (donc inconnu pour 99% du public) mais sur lequel Tommy Tallarico et le chef d'orchestre Emmanuel Fratianni ont travaillé.
2° - La musique de ce flop est juste sublime et méritait d'être découverte via un orchestre, voici le medley d'Advent Rising. Le Mass Effect avant l'heure, en terme de space opera épique.
Et merde, encore lui...
On approche de la fin du concert et, une fois de plus, Tallarico nous refait son numéro pour présenter encore pour la énième fois le One Winged Angel de Final Fantasy VII.
M'enfin pourquoi, Tommy ? Pourquoi hein ?
Pourquoi rejouer toujours ce même thème ad vitam eternam jusqu'à nous le faire détester ?
C'est comme vouloir résumer l'œuvre gigantesque de Uematsu à un seul et même morceau, quelle tristesse.
There is still hope : ou un rappel qui dépote
Fort heureusement, VGL ne pouvait pas s'achever sur cette redite que je trouve fâcheuse (ouais, je me suis un peu fait chier à ce moment-là du concert, un comble, j'ai honte), et Laura revient avec sa flûte pour interpréter avec Tallarico et l'orchestre l'excellent medley de Chrono Trigger & Chrono Cross de l'année dernière. Toujours aussi pêchu.
This was a triumph
Et en conclusion de ce rappel, Tommy et Laura se retrouvent assis côte-à-côte pour nous interpréter LA très belle surprise de cette édition, un excellent cadeau d'adieu : la chanson Still Alive du jeu Portal. Un bijou.
Voilà, très bonne édition du Video Games Live. Encourageante pour la suite.
Apparemment, il sera sans doute question l'année prochaine de faire la tournée de d'autres villes françaises autre que Paris.
Je ne vous ai pas parlé des multiples interventions de Tallarico entre chaque morceau car elles étaient soient inutiles, soient longues, soient déjà vues et revues (à tel point qu'un gars dans la salle lui a crié "ta gueule").
C'est bien le gros défaut (car il faut bien en trouver) que je retiendrai, les interludes non-musicaux ne se sont pas renouvelés pour la plupart et manquent singulièrement d'intérêt, à part un concours Frogger involontairement comique dû à la nullité des joueurs choisis.
L'essentiel étant, évidemment, la musique, celle-ci n'a pas déçu. Bien au contraire.



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