La "dictature" de l'UE

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  • Jakeblues66
    Admiral


    • avril 2006
    • 1812

    #1

    La "dictature" de l'UE

    Plutôt que de continuer à polluer le sujet "Megaupload est mort", je propose de poursuivre la discussion entamée avec Lord Seb sur lesméfaits/bienfaits de l'UE et ses causes et conséquences.
    Une discussion qui sort de la charte mais qui peut être intéressante, pour peu qu'elle se passe dans la sérénité, dans le respect des opinions et loin des attaques acerbes et gratuites.

    Reprenons donc sur les derniers messages de Lord Seb :

    Concernant les irrégularités et injustices de la démocratie européenne liée à sa taille grandissante, c'est effectivement le 2ème effet "Kiss Hot". Actuellement, la représentation n'est pas très claire. Mais concrètement, je ne suis pas opposé au principe actuel. Les plus grands financiers de la construction européenne ont plus voix au chapitre mais le nombre de membres actuels tend à diminuer leur influence. Et il y a maintenant beaucoup plus de compromissions maintenant que du temps où l'Angleterre, la France et l'Allemagne se battaient sur le calibrage du cul des poules ou le diamètre réglementaire des tomates.
    Et je pense comprendre que ton opposition vient surtout d'une démonstration puissance x de la dominance des banques sur la nation. Mais à nouveau, rien de différent par rapport au seuil national avec la différence qu'au niveau national, la solidarité (limitée je le conçois) européenne, tu peux t'asseoir dessus. Alors, oui, c'est clair, l'Etat aurait le contrôle de la planche à billets, avec en résultante une inflation galopante (et dans le cas de la Grèce, probablement hyperinflation), qui causerait aussi vite voire plus vite la faillite de l'Etat et la paupérisation du peuple. Avec effet boule de neige sur les pays créanciers. Pourquoi l'Allemagne est-elle si dure avec la Grèce : parce qu'elle est un de ses clients et qu'une Grèce qui ne peut pas payer ses factures aura un impact sur l'économie allemande. quelque part, on assiste au niveau européen à un grand spectacle (ou grand guignol, c'est selon). L'Allemagne fait les gros yeux d'un côté pour forcer la Grèce à mettre en place un plan d'austérité tout en croisant les doigts derrière son dos pour qu'elle n'échoue pas à mettre ce plan en place auquel cas, l'Allemagne devra s'apprêter à mettre un peu la main à la poche pour éviter les secousses potentielles sur sa propre économie.
    Le vrai problème étant que les banques prêtent des sommes qu'elles n'ont pas. Le système peut fonctionner tant que les "pourvoyeurs de fonds" ne viennent pas récupérer les placements. Le système se vautre complètement quand une bulle type subprime éclate et que tous les rentiers viennent réclamer leur épargne que la banque n'a pas récupérée.
    Et, en principe, selon le système capitaliste, la doctrine "Marche ou crève" devrait s'appliquer...sauf que pour les banques ou certains gros groupes industriels, on a créé l'appellation "Too Big to fail" et où finalement, c'est l'Etat qui vient à la rescousse par peur que la faillite réelle ne soit pire...un comble dans un monde ultralibéral.

    Et si la France a vu son endettement augmenter, ce n'est pas le cas de tous les pays. Par exemple, de 93 à 2010, la dette belge est passée de 137% du PIB en 1993 à 84% en 2007 pour remonter à 98% en 2010 (le choc de 2008 est passé par là). Alors, c'est clair que l'on revient de loin mais en ce qui nous concerne, faire tourner la planche à billets ne nous a pas manqué. C'est même une contradiction avec la petite vidéo de "Mr quelques minutes" (mais je t'avoue que je pense que la Belgique, pour arriver à faire baisser sa dette publique de 53% de 1993 à 2007 a probablement eu recours à des manoeuvres à effet pervers à plus long terme). Il y a justement un petit défaut dans la vidéo précitée : à un moment, il est indiqué que les banques, quand elles sont au delà de leur seuil de réserve peuvent emprunter aux banques centrales...Ce prêt n'est pas gratuit non plus et quelque part, les banques centrales ont les moyens de faire levier sur le taux d'intérêt.

    Mais je suis aussi d'accord avec toi. Emprunter aux banques privées n'est pas le bon chemin. s'il est nécessaire, cet emprunt doit être contrôlé, tout comme le mécanisme de financement de la banque. Ce que beaucoup de dirigeant ont promis de faire...on attend toujours ne fut-ce qu'un frisson de ces promesses.

    Et à propos des fonds structurels, tu es là par contre totalement dans le faux. Il n'y a pas de taux d'intérêt liés à ces fonds. Et ces fonds sont un exemple de la "solidarité" européeenne au (re)développement d'une région sinistrée. Par contre, elle exige un soutien administratif et un apport (financier ou "matériel") de la région ou du pays bénéficiaire. A côte ce cela, tu as les programmes-cadre qui permettent de monter des projets ambitieux tout en développant des liens entre différents partenaires au sein de l'Union. Ces 2 "poches" de financement sont conséquentes et l'avenir est prometteur. L'un des problèmes des fonds structurels, avec la lourdeur administrative, consiste en du saupoudrage vers de projets qui sont voués à la mort dès que le financement disparaît.
    Et je peux te jurer que ce qui est permis par ces programmes aurait été impossible sans la construction européenne.

    Quant à une disparition de l'euro pour un retour vers les monnaies nationales, ça ressemble aussi beaucoup à de l'effet de manche. Un dicton dit que quand les Etats-Unis s'enrhument, c'est le monde entier qui éternue. Dans la même veine, je dirais que si l'Europe éternue, le monde entier se frotte le nez. Si le dollar reste encore une monnaie de référence, c'est qu'il a le soutien de certains pays "riches". Le pétrole s'échangeant en dollar, une chute de ce dernier signifie une baisse des rentrées pour les pays vivants de ces pétro-dollars. Quant à la Chine, elle est l'un des plus gros détenteurs de dollars. Cependant, les avisés ne mettent pas leurs oeufs dans le même panier et l'arrivée de l'euro correspondait à une alternative en cas de chute grave du dollar. Bref, si l'euro est encore très loin de supplanter le dollar, il reste un acteur de poids au niveau mondial.

    Personnellement, au niveau des solutions, je reste convaincu de l'emprunt d'état. En premier lieu, le taux de cet emprunt est fixé par l'Etat lui-même. Alors, soit, il faut le vendre...et c'est là que le soutien national peut entrer en jeu. Souscrire un bon d'état ressemble peu ou prou à un prêt civique. en tant que citoyen, tu apportes des moyens à ton pays pour son financement...tout en t'assurant un retour sur investissement. Un retour qui bénéficie également au pays puisque l'intérêt gagné sera probablement réemployé vers la consommation. Et pour rendre le prêt attractif, tu assortis celui-ci d'un avantage fiscal. Sans compter que du coup, cela permet de diminuer les taux sur le marché financier puisque tu démontres que tu peux réunir des sommes hors des circuits habituels.
    Et je reste convaincu de l'option "eurobonds". Tu lissais les cours entre bons et mauvais élèves. A assortir d'un contrôle sur la gestion des fonds pour les pays en difficulté profitant de ses fonds et d'un mécanisme compensant le mieux possible les pertes des "bons" gestionnaires (mais clairement, ceux-ci seraient perdants). Cela aurait été un acte fort du bloc européen beaucoup plus profitable que la cacophonie qui règne depuis des mois.
    Et associer celà à la création monétaire via la BCE. Avec pour effet, de l'inflation (gérable au niveau européen), une baisse du cours de l'€ (pareil) mais aussi une meilleur attractivité à l'exportation tout en essayant de privilégier les importations intra-européennes (une forme de sous-protectionnisme).
    Je suis clairement dans l'utopie à croire que chaque solution fonctionnerait à 100% mais je pense que les bénéfices compenseraient largement les désagréments.

    Ce queje voulais dire par l'adaptation des courants politiques selon l'évolution des sociétés, c'est que les doctrines se sont basées sur des faits de société et une réalité économique bien spécifiques. Ces faits ont évolué tout comme les réalités économiques. Et il doit en être de même pour la doctrine. Le syndicalisme des mines à charbon ne fonctionnerait plus dans un monde qui fonctionne selon le principe de la globalisaton.
    Et le socialisme doit s'adapter aux réalités économiques (par exemple, la Chine, dictature communiste à l'intérieur mais farouche capitaliste à l'international) tout comme le libéralisme doit accepter de fléchir sa vision du self-made-winner pour accepter la nécessité du recours à un Etat fort (par exemple, les USA qui mettent en place une couverture médicale accrue (une hérésie là-bas) et interviennent dans le sauvetage d'entreprise (le cas General Motors). De fait, un état suivant la lettre pure du socialisme serait difficile à gérer au niveau international tout comme un état à droite toute qui élargirait l'écart entre classes.
    Je serais en gros un centriste par dépit parce que temps à gauche qu'à droite, il y a des bons et mauvais côtés (en même temps, être au centre pour un belge, ce n'est pas exceptionnel. On a tellement été habitués à voir des gouvernements "multicolores" qu'il nous serait insupportables de voir un gouvernement totalement à gauche ou totalement à droite...mais si cela devait arriver, je pencherais clairement pour la première option)

    Pour revenir sur ta conviction qu'il n'y a pas de bonne ou mauvaise privatisation, je pense que tu te fourvoies sur ce point. Il y a des domaines qui doivent rester sous la tutelle de l'Etat parce qu'un groupe privé aux commandes causerait des dommages considérables et de l'autre côté, il y a des activités qui sont rendues ingérables par les lourdeurs et la politisation du fonctionnement étatique.
    Par exemple, la privatisation et la libéralisation des secteurs énergétiques est pour moi un exemple de mauvaise privatisation. L'Etat perd son contrôle sur un secteur primordial pour le confort de son peuple et le met à la merci de groupe visant le profit avant tout...sans oublier que le secteur énergétique, s'il coûte cher en entretien sert aussi de récolteur de fonds.
    Tout comme la privatisation et libéralisation des télécoms, censés faire diminuer les prix en ouvrant la concurrence...sauf que les ex-entreprises nationales se sont arrangées entre pays pour ne pas se concurrencer l'une l'autre et qu'elles restent généralement propriétaires des lignes. Bref, tu poses un acteur en situation de quasi monopole parce qu'il détient l'outil.
    Par contre, dans le registre des bonnes privatisations, tu as des organismes devenus plus efficaces une fois que tu as retiré les contraintes administratives (marché public, comptabilité lourde,...). un exemple, certes de moindre mesure par rapport au secteur de l'énergie ou des télécoms me vient en tête : une cellule visant au développement de la recherche et l'accompagnement de l'autisme. Géré "publiquement", c'était un gouffre à fric inefficace. Dès qu'elle s'est privatisée, elle s'est mise à se développer et à générer des profits tout en apportant un meilleur résultat aux autistes et à leurs familles.
    Le problème, c'est que le ratio mauvaise/bonnes privatisations penchent fondamentalement plus vers la première "case".

    Sinon, je ne vois pas en toi un conspirationniste mais sur certains points, je te verrais bien défiler au son de "pendre le dernier patron avec les tripes du dernier curé" et je serais très probablement à tes côtés pour certains patrons (qui ne voient dans le licenciements de leurs employés que le bonus que va rapporter leur actions) et certains curés (qui ont oublié qu' "aimer son prochain", ce n'est pas à prendre au pied de la lettre avec les p'tits enfants de choeur)
    We're on mission for God

    - Parfois, c'est toi qui cognes le bar et parfois, hé bien, c'est le bar qui te cogne

    -ça, je le sentais, je suis entouré d'trous du cul. Feu à volonté bande de trous du cul!
  • gameslover
    Ojii-sama


    • septembre 2001
    • 21344

    #2
    Personnellement voyant l'UE d'un oeil externe je dois dire que je n'en ai pas encore vu les bienfaits... l'euro n'a provoqué que de l'inflation alors que les salaires n'ont pas bougés, la libre-circulation des personnes provoque des soucis de sécurité dans des pays où tout allait bien avant ou du moins pas si mal et en prime les mesures économiques prennent un temps fou à être appliquées tant il faut réunir de monde pour tomber d'accord sans oublier que le peuple n'a jamais son mot à dire sur rien... donc en pur Suisse convaincu, l'UE n'a rien apporté de bon et la crise de la dette le prouve... je pense que les pays s'en sortiraient nettement mieux s'ils étaient restés à leur monnaie notamment...

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    • Godcedric
      Bob le bio-couleur


      • mai 2001
      • 13325

      #3
      L'UE me gonfle au plus haut point. Ça n'a rien arrangé de mon côté si ce n'est, comme le dit Games, une inflation. Et je déteste le fait qu'on soit toujours en train de se comparer à nos "voisins" européens. (Toujours plus facile de dire qu'il y à pire à côté pour justifier une mesure). D'ailleurs l'UE c'est aussi le fait que quand votre pays veut décider d'un truc, il faut que tout le monde soit d'accord... Et pour tout ce qui est monnaie commune, ouverture des frontières, rien à battre, je voyage pas. Bref je vais faire mon vieux con, je trouvais très bien les choses avant l'Europe. Et au moins ma baguette de pain ne me coûtait pas le double d'aujourd'hui...
      POUR LES CHANGEMENTS DE CD DANS UN JEU EN INSTALLATION FACILE (et pour Dosbox en général), IL FAUT FAIRE LA COMBINAISON DE TOUCHES CTRL F4.

      NOTEZ QU'A CHAQUE DÉMARRAGE D'UN JEU INSTALLATION FACILE, UNE AIDE S'AFFICHE. MERCI DE LIRE AVANT D'APPUYER DIRECTEMENT SUR UNE TOUCHE POUR JOUER. CA PREND 5 SECONDES A LIRE ET CA ÉVITE DE CHERCHER UNE DEMIE JOURNÉE POUR TROUVER LA RÉPONSE.

      Merci.

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      • vegetable man
        Abandonwarriors


        • novembre 2007
        • 914

        #4
        Je n'ai pas les capacités de débattre sur ce sujet, même si mon intérêt pour ces questions est loin d'être nul. Ce que je vais dire est sûrement un peu candide, mais l'idée de départ d'une Union Européenne était pourtant très belle. Tout le problème étant justement que l'on n'a pas vraiment d'"Union".

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        • Darkseid
          Boing Boom Tschak


          • septembre 2010
          • 3843

          #5
          Le cœur du problème c'est qu'il n'y a toujours pas d'harmonisation fiscale, chose qui aurait du être la priorité de la construction européenne. Rien ne pourra se faire sans ça et on ira dans un mur. Un bon article à ce sujet :

          http://www.lemonde.fr/idees/article/...9289_3232.html
          sigpic

          By pressing down a special key, it plays a little melody

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          • Snow
            Roi de la Glande


            • décembre 2003
            • 7661

            #6
            On a mis la charrue avant les bœufs.
            Pour accélérer le processus d'intégration, on a parié à l’époque sur la monnaie unique, en pensant que forcément, une harmonisation suivrait avec une intégration accrue.
            Manque de bol, rien de cela n'a été fait, et on en paie le prix maintenant... Même si l'Europe n'est pas la cause de tous les maux (mondialisation, nouveaux pays émergents, guerre des matières premières, guerre économique, etc, etc...).
            Pour en revenir à l'Euro, n'oublions pas que beaucoup de concessions ont été faites à l'époque à l'Allemagne pour que nos voisins d'Outre-Rhin acceptent d'abandonner leur Mark. Et çela, ajouté aux grosses réformes (socialement terribles) décidées par Schröder ont amené l'Allemagne là où elle est maintenant...
            Quant à nous, ben... l'Euro surévalué pour notre économie et la flambée des prix après le passage à cette monnaie unique ne sont pas pour rien dans notre situation actuelle.
            Donc une Europe, moi je dis oui. Mais pas n'importe quoi et à n'importe quel prix !!!
            La vitesse de la lumière est supérieure à celle du son !
            C'est pourquoi bien des gens ont l'air brillant jusqu'à ce qu'ils ouvrent la bouche !

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            • Jakeblues66
              Admiral


              • avril 2006
              • 1812

              #7
              Envoyé par gameslover Voir le message
              Personnellement voyant l'UE d'un oeil externe je dois dire que je n'en ai pas encore vu les bienfaits... l'euro n'a provoqué que de l'inflation alors que les salaires n'ont pas bougés, la libre-circulation des personnes provoque des soucis de sécurité dans des pays où tout allait bien avant ou du moins pas si mal et en prime les mesures économiques prennent un temps fou à être appliquées tant il faut réunir de monde pour tomber d'accord sans oublier que le peuple n'a jamais son mot à dire sur rien... donc en pur Suisse convaincu, l'UE n'a rien apporté de bon et la crise de la dette le prouve... je pense que les pays s'en sortiraient nettement mieux s'ils étaient restés à leur monnaie notamment...
              J'ai cité 2 exemples des bienfaits : les fonds structurels et les programmes-cadre (Framework Program). Les fonds structurels amènent des moyens considérables pour aboutir au redéploiement économique d'une région sinistrée. Des moyens que l'Etat seul n'aurait pu mettre en oeuvre, vu que ces fonds sont une contribution solidaire de chaque pays membre. Alors, tu me répondras que dès lors, ce sont toujours les mêmes qui payent pour les régions démunies. C'est vrai, sauf que...amener un redressement économique d'une région se récupère indirectement dans la capacité de consommation accrue.
              Un exemple : l'Allemagne (oui, elle est un acteur majeur dans la construction européenne (et aussi parfois dans son immobilisme)) est plus souvent pourvoyeuse que bénéficiaire de ces fonds structurels. C'est aussi un grand pays exportateur. La Belgique est un des gros clients de l'Allemagne. l'Aider à remettre sur pieds ses régions sinistrées (le Hainaut surtout et le bassin liégeois) ouvre de nouvelles opportunités commerciales.
              Le problème de ces fonds réside dans le saupoudrage; l'utilisation des fonds vers des projets non viables à moyen/long terme. Et à nouveau, le défaut n'est pas à reprocher à l'Europe mais à l'administration nationale/régionale chargée par l'UE de la répartition et du contrôle de ceux-ci.
              Quant au Framework Programs, outre le fait qu'ils diminuent la fuite des cerveaux, ils permettent la mise en place de grands projets scientifiques jouant sur divers thèmes (l'innovation, l'efficience industrielle,...). La Suisse bénéficie d'ailleurs aussi de ces FP comme "partenaire" privilégié hors UE.
              On pourrait parler de la PAC, bien que le sujet soit plus houleux par les restrictions qui sont imposées au monde agricole.

              Pour reprendre sur les 3 derniers messages, le problème vient du fait que l'Europe ne dispose toujours pas d'un gouvernement propre principalement parce que cela signifierait un effacement des nations membres. Grosso modo, l"UE devrait ressembler aux Etats-Unis : des états autonomes régis par une autorité globale supranationale élue directement par le peuple (enfin, quand je dis directement, je suis loin de considérer l'élection présidentielle américaine comme un modèle de démocratie).
              Un autre problème est aussi venu de l'intégration trop rapide de nouveaux états dans la construction européenne. La constitution d'une véritable nation européenne aurait peut-être pu voir le jour à 12...

              Pour revenir sur l'accroissement de la dette de certains pays, on peut se poser la question sur ce qu'il se serait passé si le recours aux banques centrales n'avait pas été interdit. Vu l'augmentation de la dette française, on peut considérer que les besoins nécessaires au cours des 30 dernières années auraient fait fonctionner la planche à billets à plein régime non-stop causant une inflation qui aurait aussi échappé à tout contrôle. A mon sens, l'aggravation de la dette française trouve quand même sa source dans une gestion assez bizarre au niveau national.

              Enfin, je suis récemment retombé sur une news qui va en choquer certains (en tous cas, moi, elle m'a fait réagir) : L'Allemagne, si prompte actuellement à donner des leçons aux pays en déroute (Grèce, Italie,...), doit son statut de puissance économique au fait qu'elle n'a pas remboursé ses dettes d'après-guerre.
              Dernière modification par Jakeblues66, 11 février 2012, 08h12.
              We're on mission for God

              - Parfois, c'est toi qui cognes le bar et parfois, hé bien, c'est le bar qui te cogne

              -ça, je le sentais, je suis entouré d'trous du cul. Feu à volonté bande de trous du cul!

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              • Madyoyo
                Samurai


                • janvier 2010
                • 1261

                #8
                Ah tiens, je croyais que l'Allemagne n'avait toujours pas fini de rembourser sa dette élaborée lors du Traité de Versailles (1919).
                Je viens d'apprendre dans ton article que c'est réglé depuis l'année dernière. Donc elle remboursait bel et bien ?!
                Je connais quelqu'un (français, bien entendu) qui avait tenté d'engager un procès pour non-remboursement de la-dite dette ... , la rirehetteux... (dsl, c'était trop beau), mais m'assurait que l'Allemagne n'avait jamais rien remboursé depuis 1933. Je l'avais cru à tort, si je comprends bien.
                Edit:
                N'empêche qu'il reste encore le PIB de 1938 à cracher! Allez Angela, aboule le pognon !!!
                (je n'assume pas ces propos honteux)
                "Born to Be Wild"
                Good Music Downside
                Spoiler Alert !

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                • Jakeblues66
                  Admiral


                  • avril 2006
                  • 1812

                  #9
                  Un autre problème est aussi venu de l'intégration trop rapide de nouveaux états dans la construction européenne. La constitution d'une véritable nation européenne aurait peut-être pu voir le jour à 12...
                  On me dira que le choc des cultures est un frein. Mais en reprenant, l'exemple des Etats-Unis, que l'on ne me fasse pas croire que les gars habitant Seattle ont les mêmes préoccupations que ceux habitant Orlando. Alors, c'est vrai, ils parlent la même langue mais
                  L'UE, elle, a recours à un gros paquet de traducteurs; avec le risque des erreurs de traductions et/ou d'interprétations (ça me fait penser à l'épisode "L'interprète" de kaamelott tiens ...d'ailleurs, à la réflexion, la construction européenne me fait aussi penser à la table ronde version Kaamelott : de la bonne volonté, de la mauvaise volonté et de gros gros problèmes de communication)
                  Dernière modification par Jakeblues66, 11 février 2012, 09h18.
                  We're on mission for God

                  - Parfois, c'est toi qui cognes le bar et parfois, hé bien, c'est le bar qui te cogne

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                  • Snow
                    Roi de la Glande


                    • décembre 2003
                    • 7661

                    #10
                    Envoyé par Jakeblues66 Voir le message
                    On me dira que le choc des cultures est un frein. Mais en reprenant, l'exemple des Etats-Unis, que l'on ne me fasse pas croire que les gars habitant Seattle ont les mêmes préoccupations que ceux habitant Orlando. Alors, c'est vrai, ils parlent la même langue mais
                    L'UE, elle, a recours à un gros paquet de traducteurs; avec le risque des erreurs de traductions et/ou d'interprétations (ça me fait penser à l'épisode "L'interprète" de kaamelott tiens ...d'ailleurs, à la réflexion, la construction européenne me fait aussi penser à la table ronde version Kaamelott : de la bonne volonté, de la mauvaise volonté et de gros gros problèmes de communication)
                    Non mais Jake sérieusement, comparer les USA et l'UE...
                    D'un côté, on a un pays (je dis bien un pays) neuf, et cela ne s'est pas fait si facilement que cela !
                    Et de l'autre, des pays qui ont plusieurs centaines d'années d'histoire et d'antagonisme... et des langues différentes.
                    La vitesse de la lumière est supérieure à celle du son !
                    C'est pourquoi bien des gens ont l'air brillant jusqu'à ce qu'ils ouvrent la bouche !

                    Commentaire

                    • stephh
                      General

                      • janvier 2009
                      • 1721

                      #11
                      Je trouve qu'on a surtout accepté un peu n'importe qui dans l'UE, entre les pays avec une économie faible (la Grèce, le Portugal et l'Espagne à l'époque, la floppée de "pays de l'est" plus récemment) et les pays qui s'opposent à tout mais sont les premiers pour pleurer sur des aides (l'Angleterre étant championne toutes catégories avec notamment le refus de passer à l'Euro).

                      La libre circulation des personnes est une assez bonne chose même si cela a eu un effet pervers dans le sport (il y a des équipes anglaises de foot qui peuvent aligner 11 joueurs qui ne sont pas anglais). Et si ça peut favoriser la collaboration des polices et les extraditions de terroristes et autres criminels, c'est encore mieux.

                      La monnaie unique aurait pu être une bonne chose s'il n'y avait pas eu de flambée des prix (un coup avant le passage à l'Euro, un coup après même si on nous a "juré" le contraire, sans compter la "loi" du 15 = 20 : ce qui valait 100 Francs est rapidement passé à 20 euros). Honnêtement, à quoi ça sert d'avoir je ne sais pas combien de monnaie différentes avec à chaque fois des taxes pour passer de l'une à l'autre (et je ne parle pas des pièces qui ne sont pas changeables) ? A ce propos, il vous reste jusqu'au vendredi 17 février 2012 (soit moins d'une semaine) pour changer vos billets en Francs vers des "jolis" Euros, parce qu'ensuite, à part "retapisser" une pièce ou vous torcher avec, ils ne vous serviront plus à rien.

                      Bref, une bonne idée à la base, mais largement "polluée" ensuite, essentiellement parce qu'on est beaucoup trop nombreux et qu'on n'a pas de réel chef de tout ce beau monde (la présidence tournante et partisane, c'est quand même du vrai n'importe quoi).

                      Steph

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                      • Jakeblues66
                        Admiral


                        • avril 2006
                        • 1812

                        #12
                        Envoyé par Snow Voir le message
                        Non mais Jake sérieusement, comparer les USA et l'UE...
                        D'un côté, on a un pays (je dis bien un pays) neuf, et cela ne s'est pas fait si facilement que cela !
                        Et de l'autre, des pays qui ont plusieurs centaines d'années d'histoire et d'antagonisme... et des langues différentes.
                        Je m'en doutais qu'elle ne serait pas passée facilement celle-là . Je en veux pas dire que l'UE doit prendre les Etats-Unis comme modèle mais juste que pour faire une véritable Union Européenne efficace, ça ne passera que par un effacement de l'Etat national au profit d'une représentation "globalisée".
                        D'accord, les USA sont un pays très jeune mais qui étaient les ancêtres des américains de maintenant : des colons anglais, français, irlandais, espagnols, italiens, etc...
                        Fondamentalement, hormis la langue commune (et encore, en Floride, j'ai eu face à moi moi autant d'hispanophones que d'anglophones), la culture américaine est un mix de cultures. Les New Yorkais sont plus cosmopolites et ouvert vers l'extérieur et les Texans plus ostracistes et fermés. La Californie est un état tourné vers les démocrates et l'Alabama est résolument républicaine. L'Est est différent de l'Ouest et c'est pareil entre le Nord et le Sud et je suis persuadé que les USA connaissent aussi des tensions internes. Mais le regroupement de certaines fonctions à un niveau supra"national" lui permet de fonctionner comme une seule entité vis-à-vis du monde entier.
                        Dernière modification par Jakeblues66, 11 février 2012, 18h45.
                        We're on mission for God

                        - Parfois, c'est toi qui cognes le bar et parfois, hé bien, c'est le bar qui te cogne

                        -ça, je le sentais, je suis entouré d'trous du cul. Feu à volonté bande de trous du cul!

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                        • Snow
                          Roi de la Glande


                          • décembre 2003
                          • 7661

                          #13
                          Envoyé par Jakeblues66 Voir le message
                          Je m'en doutais qu'elle ne serait pas passée facilement celle-là . Je en veux pas dire que l'UE doit prendre les Etats-Unis comme modèle mais juste que pour faire une véritable Union Européenne efficace, ça ne passera que par un effacement de l'Etat national au profit d'une représentation "globalisée".
                          D'accord, les USA sont un pays très jeune mais qui étaient les ancêtres des américains de maintenant : des colons anglais, français, irlandais, espagnols, italiens, etc...
                          Fondamentalement, hormis la langue commune (et encore, en Floride, j'ai eu face à moi moi autant d'hispanophones que d'anglophones), la culture américaine est un mix de cultures. Les New Yorkais sont plus cosmopolites et ouvert vers l'extérieur et les Texans plus ostracistes et fermés. La Californie est un état tourné vers les démocrates et l'Alabama est résolument républicaine. L'Est est différent de l'Ouest et c'est pareil entre le Nord et le Sud et je suis persuadé que les USA connaissent aussi des tensions internes. Mais le regroupement de certaines fonctions à un niveau supra"national" lui permet de fonctionner comme une seule entité vis-à-vis du monde entier.
                          Non mais OK, on sait tout ça...
                          Mais on n'est pas du tout dans le même schéma que les USA.
                          D'un côté, un monde vierge (enfin une fois éradiqué les cultures préexistantes) et immense à coloniser et de l'autre, un monde déjà bien établi, très peuplé, bourré d'antagonismes, etc, etc...

                          Bref, je pense qu'effectivement une Europe "politique" - puisque c'est bien de cela qu'il s'agit - ne peut sans soute se faire que comme tu le décris. Mais la route à suivre est bien plus compliquée et difficile que pour un pays neuf.

                          Au fait, la question à poser est peut-être de savoir si l'on veut vraiment une Europe comme tu la décris Jake.
                          Franchement, je n’en suis pas sûr du tout !
                          La vitesse de la lumière est supérieure à celle du son !
                          C'est pourquoi bien des gens ont l'air brillant jusqu'à ce qu'ils ouvrent la bouche !

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                          • Warrens
                            Champion


                            • janvier 2003
                            • 963

                            #14
                            En lisant tout vos messages, j'ai envie de dire que la situation de l'Europe (avec ses intéractions internes et celles tournées vers l'extérieur) est si complexe que ça en devient impossible, d'être exhaustif pour ainsi dire. Je me souviens par contre, qu'au passage à l'euro, l'état avait mis en place un dispositif, qui devait s'assurer que les prix ne s'envoleraient pas pendant les 3 premiers mois de la circulation de la monnaie commune. Effectivement, les 3 premiers mois pas de souci.... A part ça, on a eu droit à un gouvernement purement de droite ces 5 dernières années, ce qui fait que beaucoup de projets sont passés sans trop de difficultés (centralisation des institutions de la justice et d'autres). Le trou de la sécurité sociale (la branche "maladie" pas toute la SECU, on s'entend bien) à été multiplié par 3, et effectivement lors d'une interview, François Fillon avait dans un discours entrevu l'état de la SECU dans sa globalité, pour attenuer la gravité de la situation. Politiquement, la France est une exception dans la zone Euro au niveau de la structure du gouvernement puisqu'on a à la tête du pays un président et un premier ministre (à ne pas confondre avec les monarchies parlementaires comme en Angleterre). Contrairement aux idées reçues, les années où on a eu droit à la cohabitation en France n'ont pas été bénéfiques, car en effet, la cohabitation ne permet pas de mettre en oeuvre des actions de fonds et ceci efficacement. C'est un peu pareil en Europe. Les états ont tous leurs problèmes, et leurs distinctions politiques/gouvernementales gèlent le progrès Européen.
                            Dernière modification par Warrens, 11 février 2012, 22h04.
                            Je dis Joker ! Je peux donc rejouer...

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                            • Snow
                              Roi de la Glande


                              • décembre 2003
                              • 7661

                              #15
                              De toute façon, l'Europe n'est que le résultat de la volonté des Etats qui la composent...

                              C'était ma phrase du jour. Dormez en paix braves gens !
                              La vitesse de la lumière est supérieure à celle du son !
                              C'est pourquoi bien des gens ont l'air brillant jusqu'à ce qu'ils ouvrent la bouche !

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