Si la question et la constatation de Chris Early d'Ubisoft ne sont pas inintéressantes, je pense qu'il faut peut-être aussi replacer les choses dans leur contexte.
Tout d'abord sur ce que représente le DLC.
Déjà là, la compréhension du terme peut fortement varier d'un individu à l'autre.
Le DLC peut aller de l'ajout de contenu permettant d'offrir une expérience de jeu différente du jeu original seul à l'ajout de contenu cosmétique (type "nouveau costume", "Nouvelle musique",...).
D'autre part, en regardant bien, le DLC n'est pas quelque chose de neuf. Ce n'est qu'un modèle dématérialisé de ce que l'on appelait précédemment "add-on".
En ce qui me concerne, de prime abord, le premier jeu avec add-on auquel j'ai joué serait "Hero Quest" sur Commodore 64 en 1991. La même année, Gremlin sortait l'extension "Return of the Witch Lord", ajoutant, si je ne m'abuse, dix donjons supplémentaires au jeu de base.
Sur PC, je pense que ma première expérience de l'add-on se rapporte à X-Wing et ses extensions "Imperial Pursuit" et "B-Wing", tous sorti en 1993.
Bref, en ce qui me concerne, le "DLC" aurait déjà plus de vingt ans.
Hors, les add-ons ont à mon souvenir, rarement soulevé l'ire des joueurs. Au contraire, ceux-ci étaient généralement bien accueillis.
Je dirais donc que ce qui énerve les joueurs n'est pas tellement le DLC en lui-même mais la manière dont il est proposé et ce qu'il apporte au jeu original.
Parmi les cas litigieux, on notera les cas de sorties de DLC en même temps que le jeu original.
Le joueur se sent grugé par cette méthode dans la mesure où l'impression d'acheter un jeu incomplet est forte.
Un autre cas litigieux, plus grave, concerne le DLC apportant une vraie fin au jeu de base. Dans ce cas, le jeu original est effectivement incomplet et le joueur n'a que le choix de décider s'il laisse tomber son jeu sans connaître la "vraie" fin de celui-ci.
Pour ma part, je considère effectivement que ces deux manières de fournir des DLC sont un manque de respect total envers le joueur.
Le mécontentement des joueurs se ressent aussi pour les "faux-DLC". J'entends par là les jeux avec contenu complémentaire par rapport à un ancêtre. Je pourrais par exemple ici prendre le cas du jeu Blood Bowl de Cyanide.
Le jeu initial proposait huit races jouables. Presque un an plus tard, Cyanide propose le même jeu en "Legend Edition" avec 20 races jouables et quelques nouvelles rêgles. Plus tard, Cyanide proposera une "Chaos edition" qui sera la version définitive. Le problème ici, c'est que les possesseurs du jeu initial ne pouvaient "upgrader" leur jeu à moindre coût vers la version "Legend" ou "Chaos". Tout au plus, Cyanide aura-t-elle accordé un rabais sur l'achat de la version "Chaos" aux possesseurs de la version "Legend".
La aussi, le sentiment est fort de n'avoir eu qu'un jeu incomplet en achetant le jeu initial et de ne pas être respecté en tant que joueur...
Cela pourrait encore s'admettre si le cas avait été unique...sauf que Cyanide avait déjà commis le même forfait avec son jeu "Chaos League"!
Par contre, je pense que l'extension/DLC ajoutant du contenu ou modifiant l'expérience de jeu est en général bien accepté par les joueurs...enfin, du moment que le prix reste raisonnable.
Personnellement, les extensions et DLc proposées à des prix variant entre la moitié et les 2/3 du jeu original me rebutent un peu.
Je prendrais pour exemple les DLC "Brave New World" - extension à 29,99 € en prix "plein" pour Civ 5 - et X-Com Enemy Within, l'extension pour X-Com Enemy Unknown.
Pour ces 2 cas, j'ai vraiment l'impression que l'ajout, même s'il apporte une expérience de jeu plus riche, est trop cher, dans la mesure où le corps du jeu reste a priori pareil.
Même si ici, je pourrais moi-même me contre-argumenter en avançant que le jeu vidéo -et en particulier, le jeu vidéo sur PC - est beaucoup moins cher qu'il y a 20 ans.
Actuellement, un "gros" jeu, distribué et/ou développé par Ubisoft ou EA s'achète hors promo dans les 50,00 € et si l'on se tourne vers les indés, il n'est pas rare de voir des jeux neufs dans les 25-30,00 € (voire moins).
De mémoire, il me semble que les jeux que j'achetais sur Commodore 64, je les payais dans les 60,00 en équivalent €...il y a presque 25 ans.
Reste enfin le DLC dont je comprends difficilement qu'il puisse avoir du succès : le DLC cosmétique. J'avoue que dépenser du blé pour jouer avec Ryu en tutu rose à Street Fighter IV me dépasse (quoique Ryu en tutu rose...).
L'achat de nouvelles armes ou armures me gêne un peu moins, même si grosso modo, ces nouvelles acquisitions risquent généralement de modifier l'expérience du jeu en le rendant plus facile.
En conclusion, mon impression est que l'acceptation du DLC n'est pas quelque chose de neuf, juste une adaptation en version dématérialisée de pratiques plus anciennes.
A plus bande de sacripants







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