
Attention, c'est long.
Mais je crois que ça vaut la peine d'être lu. Je vais un peu détailler mon point de vue (j'ai un peu tendance à donner mes conclusions sans expliquer les prémisses qui y mènent...
) J'aimerais d'abord revenir sur les notions de gauche et de droite, que je trouve réductrices. La politique se définit pour moi sur deux axes (au moins):
1. conservateur <--> progressiste
2. modèle économique proné.
le pen est ultraconservateur. Il n'est pas libéral pour un sou.
Celà me pose un problème, car dans l'esprit des gens, droite = libéralisme(+conservatisme le plus souvent) et extrème droite = ultraconservatisme. L'ultraconservatisme occupant la place extrème à droite, il n'y a pas de nom "extrème" dans lequel caser l'ultralibéralisme. Or l'ultralibéralisme est dangereux, et on y va tout droit (à mon avis, on a même déjà un pied dedans, lisez la suite, vous comprendrez).
Je resens un vrai malaise vis à vis de la montée de l'extrème droite en Europe, pas seulement en France. Tout comme je ressens un malaise face à l'augmentation de la délinquance.
Ces phénomènes sont très probablement le résultat de causes similaires dans les différents pays concernés. Je pense de plus qu'ils ont des causes communes.
J'essaie donc d'identifier les causes de ces problèmes. Ca me rassure (un peu), et ça peut aider à trouver des solutions. Je simplifie sûrement le problème, car je ne suis pas omniscient, loin s'en faut =^__^=.
L'ultralibéralisme est à mon avis une des causes du problème, un des dénominateurs communs.
Le libéralisme à la base est rempli de bonnes idées(tout comme le socialisme d'ailleurs). Libre échange, concurence --> meilleurs prix etc. Mais, comme tout système théorique, il a ses failles. Ce système a de plus été conçu il y a plus de 100 ans, et le monde a pas mal évolué depuis. Il présuppose de plus (comme le marxisme d'ailleurs) que l'homme est fondamentalement bon, et ne va pas chercher à abuser du système. Poussé comme il l'est actuellement, il conduit à ce qu'il était censé empécher: la création de quasi monopoles. Les sociétés multinationales ont acquis avec le temps un pouvoir important. A tel point que dans certains cas ils peuvent bafouer sans crainte des lois nationales (Messier et l'exception culturelle, ...)
D'autant plus que les états unis abusent. Ils utilisent leur puissance politique pour imposer leur modèle économique, et leur puissance économique pour imposer leurs choix politiques. Là où le libéralisme est censé se passer de l'état. Ils pronent la démocratie à l'intérieur des états, mais agissent de façon autocratique sur la scène internationale. (Je n'en veux pas aux Américains en général, il se trouve que c'est eux la puissance hégémonique de ces 50 dernières années. L'Europe coloniale d'avant 1940 n'était pas mal non plus dans son genre, et l'histoire donne plein d'autres exemples similaires où la puissance dominante abuse de sa situation.)
Je n'ai rien contre la consommation en soi, tant que je peux choisir ce que j'achète.
Le problème est que :
1. Les marchandises fabriquées actuellement sont conçues pour s'user et être irréparables --> on ne répare pas, on remplace. Le matériel informatique est un exemple criant de cette situation, mais elle s'observe également dans les autres secteurs, que ce soient les voitures ou les ustensiles de cuisine (Ma grand-mère en utilise toujours certains qui ont plus de 40 ans. Essayez de garder un fouet actuel plus de 5 ans...).
2. La pub crée une foule de faux besoins(cfr le téléachat, temple consacré à la vénérarion de l'inutile, etc.). Si nous n'y prenons pas garde, nous nous faisons réellemnt conditionner. Et vous pouvez invoquer votre esprit critique, etc., ça n'y changera rien : la pub a un réel effet sur notre consommation, c'est prouvé chiffres à l'appui (cfr. entre autres les ventes de Coca qui baissent quand ils diminuent le matraquage)
On nous fait croire
Que le bonheur c'est d'avoir
Et même si vous personnellement êtes vigilants, l'effet est réel à grande échelle.
Pour le cercle vertueux, c'est les actionnaires qui y gagnent. Les ploucs de base continuent de sucer des cailloux (cfr l'évolution du partage des richesses sur terre, les riches de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres). Il faut produire plus, mais au moindre prix. Demandez aux employés de Marks & Spencer ce qu'ils pensent du libéralisme.
Je ne parle même pas des effets sur l'environnement.
Le pouvoir des élus faiblit face à celui des entreprises.
D'où les programmes mièvres des candidats modérés, ils n'ont pas le choix, ils doivent suivre le mouvement (que l'on appelle mondialisation dans les médias), sous peine de crise économique majeure. C'est pour ça que Jospin n'a pas mené une politique plus sociale (fusions, licenciements massifs dans des entreprises rentables...).
D'où en partie les votes contestataires pour des candidats qui proposent d'autres modèles.
Un petit retour à la pub : les spots sur France2 où chaque candidat exploitait son temps réglementaire d'antenne. A part celui de le pen (j'en ai vu quelque autres, pas tous c'était trop chiant) on aurait dit des pubs pour des barils de poudre à lessiver (ceux de la période dorée: Je vous donne deux barrils de la lessive X contre votre bidon d'Ariel...
). Rebelote, l'image est cruciale dans ce domaine. Parce que de nouveau on a été conditionné à celà. Juger sur l'image. C'est d'ailleurs ce qui a manqué à Jospin dans le cas présent, et c'est aussi (entre autres choses)ce qui a permi à le pen de faire le score que l'on connait. Il se présentait comme candidat du changement, avec des idées simples, des coupables désignés aux problèmes de la France, etc. Et surtout il sait se vendre. Idem avec Heider, Berlusconi, et Pim Fortuin aux Pays Bas et le vlaams block en Belgique. Ces partis on compris que l'image que donne leurs candidats prime sur le fond de leur programme (démagogique).
Les jeunes et l'ultralibéralisme / le rajeunissement des délinquants.
Il y a 40 ans d'ici, de 0 à 18 ans, l'enfant et l'adolescent n'était pas ou peu un marché commerial. Deux bouquins, un monopoli et leur bonheur était fait. La logique économique fait que les entreprises cherchent de nouveaux marchés. Et c'est ains que se sont développés d'abord l'industrie du disque, puis celle du jeu vidéo, des téléphones portables, etc. Voyez d'ailleurs ce que sont devenus ces secteurs : des machines à fric (la plupart du temps). C'est une évolution sociale majeure, qui est d'ailleurs toujours en marche : le marché cible est de plus en plus jeune.
Cet état de fait a au moins deux conséquences :
1. Les jeunes sont la cible de la pub.
2. Les modèles éducatifs, basés pricipalement sur des traditions, ne suivent pas l'évolution sociale, trop rapide.
Combinés, ces deux facteurs ont certainement participé à l'augmentation de la déliquance. Il est extrèmement difficile(si pas impossible) d'apprendre à un enfant l'esprit critique vis à vis de la pub/la notion de possession. Ca coince pour les plus pauvres. Il y a discordance entre les désirs suscités chez les enfants par la pub, les séries TV (surtout mais plus seulement américaines) et ce que les enfants plus riches ont d'une part et ce que peuvent leur offir leurs parents d'autre part.
Comme je l'ai dit plus haut, la cible marketting est de plus en plus jeune (GSM à l'école primaire, ...), comme les délinquants le sont. Les 2 phénomènes évoluent en parallèle, et sont très probablement liés.
Ce phénomène n'explique bien sûr qu'en partie le problème de la délinquance. La vente d'armes, concentration des pauvres dans des cités et le racisme (parce que




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