Il est là. Il est cher (60 euros). Et il aurait mieux fait de rester chez lui.
On attendait tous (enfin, moi du moins) le retour du flic le plus infiltré du monde, celui qui fait trember les pare-chocs, voler les enjoliveurs et qui froisse les tôles, j'ai nommé Tanner, héros de la série Driver.
Atari avait mis le paquet sur la pub avec un site plutôt bien fait et des mini films réalisés par Ridley Scott (quand même). On se disait au vu des screens et des cinématiques que ça allait pas mal sentir la gomme brûlée dans les foyers.
Me voilà donc à République (pour les non-habitués, Répu c'est l'endroit à Paris où on peut trouver presque tout au niveau jeu vidéo) avec mes quelques deniers et quelques jeux auxquel je ne joue plus afin de me procurer le troisième opus de cette série qui m'a fait tant vibrer depuis le premier sur PS1. Le deux avait été un ton en dessous, mais restait très fun cependant. Bref ...
Me revoilà chez moi, ouvrant la boite qui sent si bon le neuf (vous avez remarqué comme ça sent bon le neuf un jeu sous blister? ), je mets la galette dans la PS2 et en attendant que tout ça charge gentiment, je regarde un peu le manuel. Succint, le manuel. Puis pas super original ... Enfin bon, c'est pas grave, on a pas payé 60 euros pour un manuel. essayons le jeu ... 4 menus apparaissent. Undercover (c'est le mode story ... ), conduite libre, jeux de conduite, Options. Puisque c'est mon premier essai, je me fais un petit conduite libre histoire de ...
Allez hop, c'est parti pour Miami, de jour, à bord de la corvette ... Bon, c'est pas mal, la voiture répond bien, elle est pas en carton (genre un trottoir abordé un peu vite et on se retrouve sur orbite ...), c'est plutôt joli ... Les chocs sont bien rendus, les impacts bien localisés (il y a moyen de crever les pneus, et ça a une influence sur la conduite, c'est sympa ... ), la conduite est agréable. Petit bémol, il n'y a aucun moyen de configurer sa manette. Il n'y a qu'un type de contrôle et ce n'est pas le plus pratique (Frein à main sur le bouton triangle, par exemple ... )
Encouragé par ce prime abord plutôt sympathique dans l'ensemble je me jette sur le mode undercover et là, c'est le drame ...
D'abord, il n'a plus la bonne idée du premier concernant le répondeur ... Si vous vous souvenez du 1, vous vous rappelez qu'on avait à choisir une mission parmi deux ou trois choix (ça se faisait via un répondeur sur lequel on vous proposait les missions, au milieu d'un fatras de messages plus normaux genre livreur de pizza qui a perdu votre margharita sur la RN20 ... )Bon l'option avait aussi disparu du deux, mais j'avais le secret espoir qu'ils la remettrait. Tant pis, c'est pas très grave après tout ... Le jeu en lui même commence et là, première énorme déception, autant la maniabilité en voiture est agréable, autant tanner à pied à tout du pingouin. Il est raide, ridicule, pas à l'aise, et pire que tout incontrôlable. On passe dessus en se disant que, après tout, Driver ça veut bien dire ce que ça veut dire, on va passer plus de temps en bagnole qu'à pied. Après une charge policière pleine de discrétion (oui, vous devez arrêter un gars discrètement, mais vous vous déplacez avec tout le commisariat sirènes hurlantes comprises ... ), bing, une phase à pied pénible avec gunfight au milieu d'une cour ... Voilà notre Tanner transformé en remake pingouinesque de Rambo ... Un pingouin aveugle d'ailleurs ... les ennemis, on ne les voit pas ... alors on tire au hasard quand la cible vire au rouge (oui, y'a une cible pour aider heureusement ... ). Mais, bizarrement, il arrive que vous ayez un gars en gros dans le viseur, la cible bein sur son torse (réussir à viser la tête est une gaguere) mais la cible reste blanche! Pas grave on cartonne quand même en se disant que ça va marcher et là ... ça marche pas ... mais le félon en face lui vous tire dessus et ça pique. Bing, mort bêtement ... C'est très énervant ... surtout quand c'est vers la fin d'une de ses horribles séance à pied qu'on est très content de voir finir au plus vite ...
En bref, on a l'impression que le jeu n'est pas fini. Il y a plein de bugs, aucun plaisir dans les phases piétonnes à cause d'un game play plus que pitoyable. En plus ces fameuses phases sont plutôt nombreuses. Rater une mission parce que qu'on a pas réussi à monter assez vite dans la voiture, c'est très frustrant (au fait, la configuration de la manette à pied est encore plus mal pensée que celle en voiture et là non plus, pas moyen de la changer).
On repèrera aussi des anachronismes flagrants ... l'histoire est censée se dérouler dans les années 80 au plus tard (au point de vue des voitures dispos et de l'environnement) mais Tanner dispose du dernier mobile Nokia (d'ailleurs il y a pas mal de pub pour eux tout le long du jeu) et les motos elles aussi sont dernier cris.
Autre gros point noir, la durée de vie. Je l'ai depuis vendredi et je l'ai presque terminé. A mon avis, en 5 heures, il est fini. Les seules difficultés majeures sont liées à la jouabilité, c'est quand même un comble! Au fait, ne compter pas sur les poursuite avec la police au coffre, celle ci ne patrouille pas en mode undercover. Eh oui, dans tout nice, il n'y a pas une voiture de police qui circule! Il y aura des poursuites, mais toutes scénarisées ... Tsssss tsssss. Où est le réalisme messieurs de chez Atari? Bien sûr, en mode conduite libre, elle est là, mais ça ne suffit pas, ça ne fait pas sérieux. Remarquez, vu que même avec une lamborghini Countach, y'a pas moyen de semer un break Renault de la maréchaussée
... le seul moyen de les lâcher est qu'ils se plantent. S'il n'y avait que ça ... Bon, sinon, les villes sont très vastes (beaucoup plus que celles de GTA par exemple) et apparemment très réalistes. C'est pas super joli mais ça reste jouable, les voitures par contre sont sublimes. Il reste aussi le plaisir de rouler à fond les grelots dans les petites ruelles serrées, et à fouler au pied le code de la route sans risques. Mais c'est bien tout ...
Alors, on a beau se payer Ving Rhames (celui qui a fait Marcellus Wallace dans Pulp Fiction) Mickey Rourke et Iggy pop pour les voix, je crois que des inconnus auraient aussi bien fait l'affaire et que l'argent ainsi économisé aurait pu servir à améliorer un peu le produit. Le pire, c'est qu'Atari fait encore de la pub sur le disque en nous refourguant une démo de Transformers! Toute cette place perdue aurait très bien pu servir à faire de plus jolies textures pour les villes par exemple ...
Bref, Driv3r n'est pas une daube innomable mais est très loin, trop loin de tout ce qui nous avait donné envie en visitant le site et en voyant les screens dispatchés par Atari. Quand on pense que le jeu été maintes et maintes fois reporté ... On se demande bien pourquoi ...
Bref, une fois de plus, on se repose plus sur la pub pour vendre un jeu que sur la qualité intrinsèque du produit.
Bravo Monsieur Atari, vous m'avez eu ...






Commentaire