Et bien ça y est ! Il est là le messie ! Celui que tous les fans de la série attendent en bavant (vous en avez encore au coin de la bouche d’ailleurs) et que les autres attendent « pour voir ce que ça donne ». Shinji Mikami, le créateur de la série, de retour aux manettes, on ne pouvait qu’être au minimum curieux du résultat.
« Rasez moi tout ça ! »
Faisons un petit retour en arrière. Resident Evil 0, le dernier de la saga (en survival horror j’entends), titre tout à fait recommandable s’il en est, n’avait pourtant pas passionné les foules. Les quelques innovations du titre n’avaient pas suffit à rallumer une flamme passablement éteinte chez les simples amateurs de bons jeux qui ne collectionnent pas les strings virtuels de Claire Redfield ou de Jill Valentine. L’annonce de Resident Evil 4 puis les premières vidéos montrées inspirèrent rapidement la même indifférence. Le gameplay est désormais bien trop vieux et tous les défauts de la série, dénoncés à chaque titre, ne sont toujours pas corrigés. C’est alors que Shinji Mikami, rétrogradé puisque visiblement incompétent pour le poste important (et loin de la création de jeu) que Capcom lui avait octroyé, est nommé à la tête du projet RE 4. Et quand il voit où en sont ses petits gars avec la bête, le pauvre homme a l’impression de faire un bond dans le passé de plusieurs années. « Dites, les mecs, quand vous en aurez marre de refaire mon jeu une sixième fois, on pourra peut-être passer à autre chose ? ». Voici, en substance, ce qu’a dû déclaré Mikami. Cette fois c’est décidé, on repart à zéro.
« Resident Evil 4 ? Où ça ? »
Amis fans purs et durs asseyez-vous lorsque vous allumerez votre Gamecube, vous allez avoir un choc. Je préfère prévenir tout de suite, on est à mille lieues des épisodes précédent. Que reste-t-il de la série que vous avez tant aimé ? Pas grand-chose à vrai dire. Les machines à écrire (sans les rubans !), un des nombreux héros (Léon Kennedy, celui du honnis RE 2), quelques armes familières (couteau, 9mm, fusil à pompe), les soins et… c’est tout !
*bong*
Ah ben c’est malin, je vous avais dis de vous asseoir ! Mâchez cette herbe verte pendant que je réponds à l’angoisse qui vous étreint et que je lis dans vos yeux : « Mais alors RE 4, c’est quoi ? ». Comme j’aime bien me la péter en inventant des termes superstaïles, je dirais un survival gore. Mais commençons par le commencement.
« S.O.S. gourdasse j’écoute »
Le jeu débute alors que ce brave Leon arrive aux abords d’un village du tréfonds de l’Espagne. Récemment embauché par les services secrets américains, il est à la recherche de la fille du président fraîchement kidnappées par on ne sait qui, pour on ne sait quelle raison. Merde, Mikami a piqué le scénario de Mario Bros à Miyamoto ! Je vous rassure, ça s’étoffe doucement mais sûrement au fil de l’histoire. Dès le début même, lorsque vous pénétrez dans ce village qui semble uniquement habité par des membres de la famille de dégénérés de « Massacre à la Tronçonneuse ». Adieu donc les zombis ! Pas l’ombre d’un !
*bong*
Asseyez-vous une bonne fois pour toute à la fin ! La première chose qui frappe, si j’ose dire, ce sont les graphismes. C’est beau à pleurer. Les jeux d’ombres et de lumières, les personnages et les décors ultra détaillés, les textures… Ceux qui doutaient encore de la puissance du Gamecube ne peuvent que changer d’avis (pour les derniers sceptiques de mauvaise foi, allez jetez un ½il au dernier trailer du prochain Zelda). C’est sans doute un des plus beau jeux toutes consoles confondus . A noter un faux, mais réussi, 16/9ième sur l’image avec deux bandes noires pour donner une impression cinéma (je dis faux parce que malgré toutes mes tentatives, impossible de faire passer le jeu en 16/9 sans faire de zoom disgracieux). Les animations, toutes en motion capture, sont très réalistes, surtout les réactions lors des impacts de balles. Niveau sonore, c’est du tout bon aussi, qu’il s’agisse des bruitages ou des musiques, c’est la grande classe. On s’y croirait vraiment dans ce village de dingos. En ce qui concerne la caméra, voilà un premier très gros changement. Elle est constamment derrière l’épaule droite de Léon. Une fois de plus, zéro défaut de ce côté-là. Les allergiques aux plans fixes seront aux anges et les autres s’habitueront d’autant plus facilement que cela améliore grandement l’entrée dans l’univers et l’identification au héros. Vous l’aurez compris, techniquement, c’est parfait.
« Tu vas crachez le morceau ? »
On arrive au gros débat autour de RE 4, le gameplay. Non pas quant à sa qualité, il est très bon dans l’absolu. Où est le problème alors ? Et bien ce n’est pas un gameplay avec le tampon « RE approved » dessus. Je m’explique. RE 4 est avant tout, il faut dire ce qui est, un jeu d’action. Que les hystériques qui sont en train de s’arroser d’essence ou de nouer une corde à leur cou me laissent finir. Il y a action et action. Certes il y a pas mal de phases où vous devrez tuer beaucoup d’ennemis en même temps et vous n’aurez plus à errer dans une multitude de pièce sans vraiment savoir ce que vous cherchez. Tout l’aspect exploration à disparu : RE 4 est linéaire. Je vois bien votre regard inquiet parcourir encore et encore ce dernier paragraphe pour être sûr d’avoir bien tout compris. Rassurez-vous, ce n’est pas Doom 3. Ce n’est pas un jeu de shoot avec des méchants qui arrivent par vagues incessantes. Déjà parce que le nombre d’adversaire est défini. Une fois qu’une zone est « nettoyée » vous êtes tranquille, vous pouvez visitez les lieux (sauf si vous déclenchez un évènement bien entendu). Ensuite parce que les phases d’actions frénétiques sont entrecoupées de larges phases calmes où vous n’arrêterez pas de vous dire : « ****** que c’est beau ! ». Vous voilà donc prévenu, RE 4 n’est pas un RE comme les autres.
Même la peur ressentie pendant le jeu n’est plus la même. Fini les chiens qui apparaissent tout d’un coup pour vous faire sursauter. Non ici c’est vraiment le côté « survival » qui a été mis en avant. Quand tout un village est à vos trousses, je vous jure que vous la ressentez la peur ! En ce qui concerne le « gore » que j’évoquais plus haut, je crois que c’est le bien le mot. N’oubliez pas votre ciré ! Ca gicle partout, et à grosses gouttes encore ! Prime à l’apparition de « El Giganto », un modèle du genre.
Les plus anciens d’entre vous noteront l’introduction d’un système à la Dragon’s Lair dans les cinématiques, à savoir appuyer sur une combinaison de boutons à certains moments. L’idée est excellente et rend ces cinématiques très vivantes. Je ne peux pas vous en dire plus sans vous gâcher le plaisir, mais vous m’en direz des nouvelles !
Côté nouveautés également, le gestion de l’inventaire. Dorénavant il est représenté par une mallette dans lequel les différents objets que vous stockez n’ont enfin plus la même taille. Eh oui, fini le fusil à lunette aussi grand qu’une herbe de soin ! A noter qu’au cours du jeu vous pourrez acheter des mallettes plus grandes.
« Il est beau mon pistolet mitrailleur ! Il est beau ! »
Acheter ? Oui, vous avez bien lu. Au fil de votre aventure vous ferez la connaissance d’un étrange personnage appelé simplement le marchand. Il vous permettra non seulement d’acheter de nouvelles armes mais aussi d’améliorer celles que vous possédez déjà et d’acheter des accessoires (lunettes, crosses… ). Tout cela coûte évidemment de l’argent. Vous en trouverez sur certains de vos ennemis mais également disséminé ça et là, que ce soit sous formes de Pessetas (faudra prévenir les japonais qu’on est passé à l’euro… ) soit sous formes de trésors divers et variés que le marchand vous achètera. A noter d’ailleurs que vous pourrez combinez vos trésors pour en tirer plus d’argent (ajouter des pierres précieuses à un masque en or par exemple).Si l’idée m’avait laissé sceptique lorsque j’avais appris son existence, je suis finalement conquis. Tout cela est extrêmement bien géré et donne un réel plus au jeu. Le nombre d’arme est assez important par rapport aux anciens RE et chacun pourra acheter les armes qui s’adaptent le plus à son style de jeu puisque chacune d’elle est définie par 4 caractéristiques : puissance de feu, vitesse de rechargement, cadence de tir et capacité de munitions.
Pendant ses heures perdues, notre ami marchand tient un stand de tir d’entraînement grâce auquel vous pourrez gagnez des bouchons de bouteilles (?!?) en forme de personnages du jeu. Marrant et ça détend. En plus ça permet également de se faire de l’argent.
« Quand y en a plus… »
Une des choses qui a été gardé dans la série, ce sont les bonus une fois que vous aurez fini le jeu. Après l’excellent Leech Hunter de RE 0, on se demandait ce qu’allait nous pondre Capcom cette fois Et bien il y a le retour du mode « Mercenaires » qui consiste à faire un gros carton dans des décors différents. Vous commencez avec Leon, puis si vous êtes doué, vous pourrez débloquez 4 autres personnages. Jouissif et défouloir, le mode s’avère assez difficile. C’est un vrai challenge, un vrai jeu à part. L’autre mode, bien qu’intéressant, est bien trop court. Je n’en dis pas plus pour éviter de spoiler. Dommage,l’idée était vraiment bonne.
Tout cela rallonge d’autant plus une durée de vie de base (à savoir finir 1 fois en difficulté normal) du jeu déjà honnête pour le genre. J’ai en effet fini avec un peu moins de 19 H au compteur, sachant qu’il ne comptabilise pas les différents essais si vous rechargez votre parti à chaque mort comme je le faisais. J’ai dû mettre en tout une trentaine d’heure. J’ai depuis recommencé une nouvelle partie pour acquérir les nouvelles armes débloquée et je m’éclate sur le mode mercenaire. On y revient avec grand plaisir, surtout qu’il me restera encore à finir en mode de difficulté professionnel.
« Big Up Shinji ! »
Allez, je n’ai pas peur de le dire, RE 4 est le meilleur jeu du Cube. Beau, prenant, long. Son seul problème, c’est de s’appeler Resident Evil. Cela va faire fuir les allergiques et hurler les fans. Du moins jusqu’à qu’ils essaient le jeu, parce qu’une fois en main, ils auront vraiment du mal à le lâcher.






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