Tout commence par cette interview de Kassovitz au site du nouvelobs, où, outre se revendiquer fièrement Geek dans l’âme, il affirme que « Le salut du jeu vidéo passera par le cinéma, et vice versa ».
Voir ici : http://tempsreel.nouvelobs.com/actua...ouveau_du.html
Un peu agacé par les affirmations de Kassovitz, Eric Viennot a publié une lettre ouverte sur son blog, adressé à Mathieu (Kassovitz), Peter (Jackson) et James (Cameron), trois réalisateurs qui semblent beaucoup s’intéresser au renouvellement du jeu vidéo et à un possible mariage avec le cinéma.
Voir ici :
http://ericviennot.blogs.liberation....stes.html#more
Le ton est plutôt caustique, sans être insultant, mais Kassovitz l’a très mal pris. On s’en rend compte en lisant sa longue réponse dans les commentaires (je vous laisse chercher tout seul, c’est en première page). C’est clair qu’il a la haine, il tient des propos assassin(s), et de toute évidence, son égo tiqua. Pendant la moitié du message, il traite Viennot de minable jaloux du succès de Heavy Rain, cette révolution majeure du jeu vidéo. Dans l’autre moitié, il explique qu’il jouait à Pac Man et à Pong dès son plus jeune âge, alors on ne la lui fait pas, hein ! Viennot a posté à son tour une réponse dans les commentaires, visant l’apaisement.
Loin de moi l’idée de juger « Heavy Rain ». Je suis un joueur PC et je risque pas de jouer à Heavy Rain avant très longtemps (quand la PS3 sera émulée sur PC, peut-être…), mais en voyant différentes vidéos de gameplay, j’ai du mal à percevoir la révolution annoncée à grand renfort de com’.
Comme Viennot, certaines affirmations de Kassovitz me laissent perplexes. Celle-ci, en particulier :
"Le cinéma se meurt et le relief tente de le sauver. Je pense que le jeu vidéo est le renouveau du cinéma, que l'avenir du cinéma passe par les consoles avec un cinéma devenu interactif"
Déjà, son affirmation d’un cinéma moribond me semble des plus étranges, les salles n’ayant jamais accueilli autant de spectateurs malgré des tarifs prohibitifs. Ensuite, c’est à mon sens une erreur grossière de considérer le jeu vidéo comme étant l’avenir du cinéma. Pour moi, c’est comme si on disait que « Le livre dont vous êtes le héros » est l’avenir du roman. Ca n’a pas de sens. Cinéma et jeux vidéo sont deux arts différents, avec leur propre mode de fonctionnement. Quand je vais au cinéma, je suis spectateur, je regarde une histoire. Je n’ai pas besoin, ni envie, de participer. Quand je joue à un jeu vidéo, par contre, je suis actif, je participe à l’histoire en cours (s’il y a une histoire). Pourquoi vouloir fusionner à tout prix les deux ? Ca me parait un appauvrissement plutôt qu’un enrichissement. Je pense qu’aucun art n’a besoin de phagocyter l’autre pour « survivre ». Il s'agit simplement de deux façons différentes de raconter une histoire (je le répète, si le jeu est narratif) comme peuvent l'être le roman, la BD, l'opéra...
En plus, avec des remarques du style :
"On peut raconter une histoire en jeu vidéo comme au cinéma, mais on peut aussi jouer avec un film", explique-t-il. Ainsi, les comédiens tourneraient les scènes de dialogues et le jeu vidéo prendrait le relais pour les scènes d'actions. »
On a un peu l’impression que Kassovitz vient d'inventer l’eau chaude. Ca fait des décennies que le jeu vidéo s’inspire du cinéma, en termes de narration. Des scènes filmées dans un jeu ? On n’a jamais vu ça ! A part dans Gabriel Knight 2, Phantasmagoria, les Tex Murphy, et même les Wing Commander, pour en citer quelques uns… Et ces jeux sont vieux de 15 ans. Le jeu vidéo a intégré les modes de narration cinématographique depuis une éternité, du coup, lorsque Kassovitz s’enthousiasme sur ce mariage miraculeux entre deux arts, j’ai du mal à comprendre. Ca existe déjà, c’est déjà le cas (y’a qu’à voir Mass Effect 2, par exemple). On a un peu l’impression que le bougre a trois guerres de retard.
Après, Viennot rappelle très justement que le gameplay fait la spécificité du jeu vidéo. C’est le cœur même du jeu, et ça n’a rien à voir avec le cinéma. On pourrait aussi souligner que le jeu ne raconte pas forcément une histoire ; les jeux de gestion genre Sim City, les jeux de stratégie, les jeux de sports, et mille autres concepts novateurs façon tétris, n’auraient donc pas d’avenir ? (Vu que l’avenir, c’est le cinéma !)
Dernière citation de l’ami Kasso : « le jeu vidéo peut être considéré comme un art majeur s'il est aussi élaboré. A nous créateurs d'en faire un art. Si on le laisse entre les mains des producteurs, des financiers, le jeu vidéo ne restera qu'un jeu de baston, qu'un jouet. »
Je trouve ça assez méprisant, ou maladroit, comme formulation. Pour moi, le jeu vidéo était un art avec Gabriel Knight 1, et ça date de 1993. C’était déjà une histoire très cinématographique, au scénario et aux dialogues qui en remontreraient à bien des bobines du septième art. Les concepteurs de jeu vidéo n’ont pas attendu les éventuels transfuges du cinéma, façon Kassovitz, pour faire des œuvres de qualité depuis 30 ans. Bref, dans l’affaire Viennot/Kassovitz, vous l’aurez compris, je me sens beaucoup plus proche de la position de Viennot. N’hésitez pas à lire les différents articles dont j’ai mis les liens, c’est intéressant (enfin, si on s’intéresse au jeu vidéo et à son supposé avenir).
Du coup, à part un gameplay qui m’a l’air rachitique, j’ai du mal à comprendre en quoi Heavy Rain, pour lequel Kassovitz mouille sa liquette, serait une œuvre majeure capable de bouleverser en profondeur le jeu vidéo (ou le cinéma d’ailleurs), au point d’orienter son avenir. Mais je peux pas vraiment me prononcer, faute d’y avoir joué…


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Good Music Downside 


joliment placée celle-là 

opcorn: 
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