J'avais envie de développer une réponse argumentée, je le fais ici car l'endroit me paraissait plus approprié.
Voilà, comme beaucoup ici, je reste avant tout un joueur PC, même si je me suis procuré les Wii et X360 afin de pouvoir jouer à des exclusivités sur ces machines.
J'ai toujours envisagé le PC comme la machine de jeu ultime par excellence : celle qui, grâce au talent d'une gigantesque communauté de passionnés talentueux, permettait d'avoir accès à toute la ludothèque de l'histoire du jeu vidéo sur une seule et même machine.
Un eldorado vidéo-ludique en apparence, mais qui couvait en son sein une menace bien réelle pour nombre d'éditeurs et studios de développement : le piratage.
Le piratage a existé en même temps que sont apparus les premières disquettes. Je me rappelle encore de l'Atari ST qui comportait déjà un logiciel de copie intégré très rudimentaire mais déjà présent, auxquels sont venus s'ajouter moult autres outils de copie plus élaborés tels que Fastcopy.
Avec internet, le piratage s'est démocratisé et même simplifié. Quelques clics souris et hop, le jeu arrivait, crack en main, sur votre PC.
Y avait plus qu'à graver, et le tour était joué.
Donc, un problème sérieux devant lequel il fallait réagir, ce que je comprends tout à fait.
Seulement voilà, la seule réponse invariable que la plupart des gros éditeurs ont trouvé est de balourder des protections toujours plus restrictives : protections physiques, puis codes à rentrer, jusqu'à l'arrivée des fameux DRM où, cette fois, les éditeurs coincés dans cette même attitude bornée ont décidé de scier la branche sur laquelle ils étaient assis.
On peut clairement parler de suicide industriel car si auparavant les codes de couleurs représentaient une étape à peine fastidieuse pour les joueurs honnêtes, les récents DRM et autres activations emmerdent véritablement ceux qui font (encore) l'effort d'acheter leurs titres.
Et pour illustrer cela, voici quelques exemples récents qui me sont arrivés un peu à la chaîne, d'où ce coup de gueule :
- Anno 1404 : Le DRM Tages présent sur le disque limite le nombre d'installations, ce qui est incompréhensible après le tollé général suscité par les mêmes limitations de Spore et Bioshock. Et après EA Games et 2K, Ubi Soft a fini par aussi se rétracter en sortant un patch qui vire Tages. Mais ça n'est pas le pire.
- Grand Theft Auto IV : Le peu de cheveux que j'ai encore sur le crâne ont failli tourner blanc.
Avant la fin de l'installation, le programme tente de se connecter sur les serveurs de Rockstar pour vérifier que le jeu est bien original... et systématiquement le programme bloque. Impossible de me connecter à chaque fois.
Ne pouvant quitter le menu, je force la fermeture par le gestionnaire des tâches, le jeu ayant été malgré tout installé entièrement, je procède à son activation internet (une autre) en rentrant le code d'activation.
Ce coup-ci, ça marche mais lorsque je double-clique sur l'icône du jeu, le jeu semble se charger... et puis rien. Je reste sur le bureau.
Je le mets à jour, mets à jour mes drivers, rien n'y fait.
Je tente une désinstallation et là, le cauchemar, j'ai beau révoquer la licence, le programme d'install n'arrive pas désinstaller GTA4, il a fallu que je fasse tout manuellement, l'effacement de fichiers, le nettoyage de la base de registre...
J'ai recommencé la même opération 2 autres fois avant de jeter l'éponge.
Et je n'oublie pas de citer l'épisode classique du premier Bioshock où, pour pouvoir jouer sans limites d'installation, il m'a fallu télécharger le crack... pour un jeu que j'avais acheté.
Malheureusement les DRM ne représentent pas, selon moi, le seul signe du suicide collectif qu'opère la grosse industrie du jeu PC. Il en est un autre tout aussi fréquent hélas : le manque total d'optimisation.
Et pour cela, je vais citer l'exemple de Bioshock 2.
Alors que son aîné tournait sans problèmes tous détails au maximum sur ma bécane vieillissante, le 2e opus rame comme c'est pas permis durant les séquences 3D, et fonctionne à 2 à l'heure lorsque je veux accéder au menu pour reconfigurer le monstre.
En jetant un rapide coup d'oeil à la mémoire vive, je découvre que Bioshock 2 pompe pas loin d'1 Go et des brouettes de ram sur mes 2Go disponibles.
Alors qu'on reprochait à Bioshock 2 de ne pas avoir des masses évolué techniquement par rapport au premier, et d'être finalement très très loin techniquement par rapport à un Crysis archi-gourmand, je pensais naïvement qu'il allait tourner sur mon PC.
Monumentale erreur.
Laissez-aller sur la programmation, protections tellement lourdes qu'elles empêchent carrément de jouer.
Il est clair que le problème n'est pas nouveau, mais il est indiscutable que la désaffection des joueurs honnêtes, elle, va s'accentuer et s'accélérer à mesure que ses protections anti-jeu se perpétueront.
Bref, suite à ces déconvenues techniques, je m'en vais rejoindre le gros des troupes de joueurs qui boycottent les titres à DRM, préfèrant garder leurs sous pour des productions indépendantes plus souples, et regarder en spectateur la lente agonie des gros éditeurs PC.




















Commentaire