Je le confesse : il se trouve que je porte moi même un profond et respectueux intérêt à la question, notamment au sujet du temps qui passe sans rien épargner, transformant les jeunes premiers novateurs en vieux croulants radoteurs en moins de temps qu'il n'en faut pour lire " sénile ".
Certes : le plus souvent l'artiste passe mais l’œuvre reste et bon nombre, votre serviteur le premier, sont d'avis qu'un bon jeu reste un bon jeu, ne serait-ce que par le respect et l'indulgence dûs à l'âge ; cela dit, reconnaissons que les ans en auront épargnés certains plus que d'autres et qu'au final les premières victimes de Chronos dans cette triste histoire sans fin sont toujours notre mémoire et notre objectivité.
C'est pourquoi, braves gens, en cette terne soirée de novembre, je réclame de votre part la plus extrême gravité et une honnêteté sans faille afin d'évoquer ici, sans détour mais toujours avec le respect qui nous caractérise, ces grands classiques du jeu vidéo ayant franchement beaucoup vieillis.
Je me permets d'ouvrir les hostilités avec un titre loin d'être des plus vieux selon les critères de cette respectable institution, mais sur lequel je ne doute pas que plusieurs d'entre nous auront passé, extatiques, de longues heures :
-Baldur's Gate (1998 sur PC ; Développé par Bioware ; Édité par Black Isle, filiale d'Interplay) :
Dix ans après Pool of Radiance, voici venir LE successeur du mythique RPG estampillé Donjons et Dragons de SSI. Prenant également place dans l'univers très populaire des Royaumes Oubliés, le hit de Bioware brosse les fans dans le sens du poil et, en plus de leur servir une transposition aussi fidèle que possible (pour l'époque) des règles d'Advanced Dungeons & Dragons 2, se permet quelques invités de marque (Coucou Elminster et Drizzt !) et un scénario prenant racine dans la terrible Guerre des Avatars (ou Temps des Troubles), époque des plus importantes de l'histoire des Royaumes durant laquelle de nombreux dieux périrent et où l'utilisation de la magie fut irrémédiablement bouleversée (il s'agissait d'expliquer les changements induits alors par les nouvelles règles de D&D qui devraient obligatoirement se répercuter sur d'autres produits, notamment les romans) ; le message est clair : Chez Bioware, Donjons, on connait !
En 1998 Baldur's Gate est LA référence incontournable du RPG en jeu vidéo. Une bombe. Mais qu'en reste-t-il vingt ans plus tard ? Si techniquement le jeu a vieilli (ça...), il reste toutefois plus agréable à regarder qu'un Fallout 1 ou même 2, surtout grâce à des animations moins rigides (notez que je n'ai pas écrit " plus fluides "), plus d'éléments animés dans les décors et des effets météo venant rompre la monotonie.
Si le côté envahissant de l'interface peut être pénible on finit par s'y habituer, tout comme la gestion de l'inventaire, d'époque mais qui reste cent fois supérieure à celle de Mass Effect (dont j'attends toujours la condamnation à mort par contumace de ses responsables par le tribunal de La Haye) et la prise en main s'avère assez simple. Le problème, et ce qui fait que je trouve que malgré tout Fallout s'en sort mieux, c'est que c'est vraiment très très bourrin. Je sais bien qu'il ne faut pas s'attendre à quelque chose de subtile en additionnant ADD2 et Bioware, mais quand même ! Quasiment toutes les quêtes se résument à rentrer dans le lard et si jamais vous avez vraiment la possibilité de faire autrement, la récompense (butin comme XP) sera bien moins intéressante que si vous aviez choisi la violence. Pour en rajouter , en dehors des résolutions de quête, seul le combat apporte de l’expérience. On est loin du Maître qu'on pouvait pousser au suicide et du labo destructible sans tirer un coup de feu ! Et le problème de cette action à outrance en 2017, c'est que le système de combat est aussi ringard que simpliste (et il est vraiment TRÈS simpliste), ce qui rend finalement le jeu lassant bien avant d'en être à la moitié (et donc avant de pouvoir visiter la Porte de Baldur. C'est con).
Baldur's Gate est désormais disponible dans une version " remastérisée ", permettant d'y jouer facilement sur les Windows récents et supportant les résolutions modernes, mais je me demande bien où se trouve l'intérêt d'investir du fric là-dedans à l'heure où des jeux indépendants au style rétro prouvent depuis déjà un moment que les vieux pixels ne rebutent pas tant que ça les jeunes joueurs et que ce qui rend une telle vieillerie difficilement praticable de nos jours c'est avant tout son aspect ludique daté (?).
Voilà, c'est tout pour moi. Et vous, avez-vous des madeleines toutes sèches au fond de vos armoires ?







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