Régression de l'orthographe...

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  • GT400
    Manic Miner


    • juin 2004
    • 11571

    #1

    Régression de l'orthographe...

    En trente ans, le nombre de fautes a doublé..... Mais bref...

    (On s'égare.)
    Dernière modification par GT400, 01 décembre 2021, 12h51.
    As the mist clears, the eerie image of a forest forms in front of you. To the east, a vast plain extends towards the horizon. Westward howewer, in the thick of the forest, a thousand pairs of eyes pierce the mist, glaring despondently back at you.
  • Wisblade
    Blademaster


    • mai 2019
    • 262

    #2
    Envoyé par Warrens Voir le message
    Ca arrive à tout le monde de faire des erreurs. Par contre je vous parie que ce journaliste sait bien mieux écrire en français qu' une partie des internautes (public jeune) qui font beaucoup de fautes par message/tweet. Donc je rejoins 'cja2001' ce journaliste n'est pas plus con que d' autres personnes incapables d' écrire un message sans aucune faute d' orthographe. La honte devrait changer de camp je pense.
    Il y a 40 ans de ça, lorsque je trouvais une faute dans un journal - peut-être une fois par semaine pour un quotidien, et encore... - je savais que c'était une coquille et qu'un typographe avait merdé. Parce que je continue d'acheter des livres et journaux papier, je sais que les typographes ne sont pas plus mauvais à notre époque qu'auparavant : les vraies coquilles restent relativement rares, tout bien considéré.

    Mais à l'heure actuelle, je vois QUOTIDIENNEMENT des fautes dans les journaux/articles en ligne ou télévisés, et encore plus à l'oral - par exemple, entendre un journaliste parler de "pallier au manque de professeurs à l'école", ça me persuade que lui n'a pas dû être super attentif pendant ses cours de grammaire sur la transitivité des verbes, ou que sa lecture favorite est au niveau du Journal de Mickey... Je passe sur les nombreux pléonasmes, mésusages, et "novlanguismes" qui sont omniprésents.
    Et une pensée pour l'oubli de certaines définitions pourtant évidentes : parmi les mots les plus maltraités à ce niveau figurent sûrement "normal" et "anormal", que beaucoup d'incultes pensent être des synonymes de "acceptable" et "inacceptable", alors que ça n'a absolument rien à voir...

    On peut donc légitimement présupposer que le niveau moyen des journalistes, en ce qui concerne à la fois la maîtrise de la langue et le style, a fortement baissé depuis quelques décennies... Ou alors, il y a définitivement des stagiaires illettrés qui se retrouvent à des fonctions qu'ils ne devraient pas occuper, comme la titreuse, la relecture ou la composition. Ou encore plus probablement, les deux simultanément.


    Ceci étant dit, en tant que gamer, voir un non-gamer écorcher un nom me fait juste marrer, tout comme je me marre quand un non-développeur tente de venir m'expliquer mon métier sans connaître des termes basiques - ou leur prononciation. J'ai bien ri lorsqu'un pédant voulait absolument que son projet soit réalisé en "C-deux-plus" (au lieu de "C-plus-plus", pour ceux qui l'ignorent). Je me sens plus agressé lorsque le reportage balance connerie sur préjugé sur mensonge, du genre "un gamer possédant un flingue est un tueur de masse en puissance", ou "le jeu vidéo est un hobby d'asocial". Là, effectivement, ce n'est plus risible du tout. Tout comme il n'est pas risible de minimiser le phénomène d'addiction qu'ils peuvent générer, tout comme Facebook, Twitter, Instagram et autres composts sociaux peuvent aussi être des sources d'addiction assez phénoménales.

    Je te rejoins sur le camp à blamer : menacer ou vouloir canceller un journaliste parce qu'il récite un texte qu'il n'a probablement pas totalement écrit (beaucoup semblent ignorer ce qu'est un rédacteur en chef...), c'est à peu près aussi inutile que de gueuler sur la speakerine qui annonçait un truc qui ne plaisait pas... C'est s'en prendre au messager. Pour ma part, je préfère viser le commanditaire, s'il FAUT absolument s'en prendre à quelqu'un, mais ce sera sur le fond et non pas sur la forme. Critiquer la forme, c'est marrant, ça permet de voir qu'une personne est peu rigoureuse - ce qui en dit long sur sa capacité rhétorique et intellectuelle - mais ce n'est pas le cœur du débat. Sauf pour les hyperfragiles.
    Le premier truc, ça ressemble plus à un pigiste qu'on a lâché dans l'arène sans le briefer un minimum, et le second truc, c'est un type avec plutôt une bonne approche - j'ose l'anglicisme "il a un bon mindset" - malgré une carbonisation en règle auparavant, ce qui est tout à son honneur...

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    • eternal-newbie
      Assassin


      • août 2006
      • 1646

      #3
      On peut aussi attendre d'un journaliste et / ou chroniqueur sur une chaîne publique à un heure de grande écoute qu'il ait un minimum bosser son sujet - notamment en rencontrant des spécialistes - avant de balancer à l'antenne que les jeux vidéo en ligne sont le nouvel opium des adolescents. À partir du moment où il ne sait même pas comment prononcer le nom de l'objet au cœur de sa chronique, il est raisonnable de supposer que son travail n'a pas était effectué correctement. Qu'importe qu'il ne soit pas l'auteur du texte, la faute est collective. Bien sûr ça ne justifie pas les insultes, mais ces dernières ne doivent pas non plus servir d'excuse pour glisser sous le tapis le manque de professionnalisme du traitement de l'info.

      Et sinon les académiciens du dimanche, en français, les accents sur les majuscules sont chaudement recommandés et les guillemets se font ainsi : « ».
      Ça me rappelle un bouquin lu il y a des années, dont l’auteur fustigeait le niveau de vocabulaire des jeunes ; à le lire, c'était vraiment une génération d'abrutis incultes. Vous connaissez peut-être : il s'appelait Pierre Desproges.
      Dernière modification par eternal-newbie, 01 décembre 2021, 14h23.

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      • Wisblade
        Blademaster


        • mai 2019
        • 262

        #4
        Envoyé par eternal-newbie Voir le message
        On peut aussi attendre d'un journaliste et / ou chroniqueur sur une chaîne publique à un heure de grande écoute qu'il ait un minimum bosser son sujet - notamment en rencontrant des spécialistes - avant de balancer à l'antenne que les jeux vidéo en ligne sont le nouvel opium des adolescents. À partir du moment où il ne sait même pas comment prononcer le nom de l'objet au cœur de sa chronique, il est raisonnable de supposer que son travail n'a pas était effectué correctement. Qu'importe qu'il ne soit pas l'auteur du texte, la faute est collective. Bien sûr ça ne justifie pas les insultes, mais ces dernières ne doivent pas non plus servir d'excuse pour glisser sous le tapis le manque de professionnalisme du traitement de l'info.
        C'est bien pour ça que je dis que pour le premier truc, son intervention initiale, ça ressemble à un pigiste que l'on a jeté sous le bus...

        Envoyé par eternal-newbie Voir le message
        Et sinon les académiciens du dimanche, en français, les accents sur les majuscules sont chaudement recommandés et les guillemets se font ainsi : « ».
        L'accentuation porte aussi sur les capitales, et non pas que les majuscules, et n'est pas "recommandée", elle est obligatoire - ne pas le faire est une faute, d'origine purement typographique, datant de l'époque des caractères mobiles en plomb...
        Les guillemets en chevrons sont classiquement omises lorsque seules les guillemets informatiques (") sont présentes - le forum, typiquement, ne permet pas de corriger à la volée ces guillemets contrairement à des logiciels comme Word ou Outlook... - et ne sont pas à utiliser dans le cas des citations ironiques, pour lesquelles les guillemets-virgules sont à préférer.
        Pour la même raison, tu as notamment utilisé une apostrophe droite (informatique : ') en lieu et place d'une apostrophe typographique (courbée à gauche : ’), et un signe "moins" ("-") en lieu et place de tirets cadratins (signes "—"), ou de traits d'union (signes "–", ou tirets quarts de cadratin)... Moi aussi, d'ailleurs : ce n'est pas parce que je connais par cœur l'Unicode du "É" (Alt+0201) que je vais m'amuser à apprendre tous les codes de chaque signe non-présent sur mon clavier, lorsque le logiciel ne le fait pas pour moi. Tout ceci sans même aborder les espaces insécables (oui, il y en a plusieurs types), les autres formes de tirets (sécables ou non), etc. - et en plus, les règles typographiques varient pour chaque pays, même lorsque c'est la même langue à la base.

        Et ça, c'est juste de la typographie : l'orthographe et la grammaire sont encore un tout autre sujet, et j'aurais tendance à dire qu'on ne regarde la typographie qu'après avoir corrigé ces deux-là...

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        • GT400
          Manic Miner


          • juin 2004
          • 11571

          #5
          C'est sûr que le gars aurait dû bosser un minimum. (Je sais pas trop où/comment ça a pu merder ainsi; un gars de son équipe ou je ne sais quoi...)
          Imaginons la même chose dans les années 70, lors de la création du RPR, par exemple. Un journaliste en parle pour la première fois aux infos et dit : «...blablablabla, et ce nouveau parti se nomme Repereuh.» .... (T'as vu mes beaux guillemets, Eternal ?! )

          Concernant les fautes and co (Oh, comme c'est bien français comme il faut, ça...) :

          Les gens (surtout les jeunes) qui font des fautes ont trouvé une super excuse pour pouvoir continuer à en faire : traiter systématiquement de "Grammar Nazi" celui qui râle pour des fautes, plutôt que de faire des efforts pour tenter d'écrire un peu mieux.
          (Et attention, je ne parle pas ici de reprocher l'oubli d'un "s", d'avoir fait un pléonasme, etc, mais d'avoir fait une remarque à quelqu'un qui écrit par exemple "J'adore t'es vidéo. Sait génial !" (Mais là, quand on lit ça on sait d'avance qu'une remarque ne servira à rien...)
          Et après, on te sort que critiquer l'orthographe des autres c'est pôôôô bien, parce que c'est "être élitiste", c'est vouloir se sentir supérieur et écraser l'autre. Ben non... ça veut simplement dire "Fais un petit effort. Ce sera mieux pour tout le monde, et surtout pour toi. C'est juste une question de discipline, comme quand tu penses à te coiffer le matin et te brosser les dents le soir."
          (Mais de nos jours, il ne faut plus rien dire. La moindre remarque ou critique (constructive) est considérée comme un horriiiiiiiiible affront. )

          Pour Desproges, ça mériterait une citation. Mais s'il disait ça sérieusement, eh bien il avait raison : dans les années 80, on était certainement pas au top de l'orthographe par rapport aux générations précédentes (comme celle de nos grands-parents, quand une virgule manquante comptait pour une faute, dans les dictées.) Le niveau baissait déjà, et nos profs ou nos parents avaient absolument raison de ne rien lâcher.
          Et maintenant, le niveau baisse encore... et encore... et encore... et encore... et encore.............

          Micro-anecdote : il y a quelques mois, je suis allé sur un Discord (non, ce n'était pas celui d'Abandonware France) et j'ai vu une énorme faute dans sa charte en page d'accueil. Je l'ai signalée à l'un des membres de l'équipe. Il m'a répondu en disant qu'il allait en parler aux autres membres et éventuellement corriger ça.......... mais dans sa réponse d'une seule petite phrase, il y avait six fautes... (c'est là que tu te dis : "Bon ben là, non seulement j'ai perdu mon temps, mais j'crois en plus que c'est vraiment foutu......")
          Dernière modification par GT400, 01 décembre 2021, 15h31.
          As the mist clears, the eerie image of a forest forms in front of you. To the east, a vast plain extends towards the horizon. Westward howewer, in the thick of the forest, a thousand pairs of eyes pierce the mist, glaring despondently back at you.

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          • Wisblade
            Blademaster


            • mai 2019
            • 262

            #6
            Envoyé par GT400 Voir le message
            dans les années 80, on était certainement pas au top de l'orthographe par rapport aux générations précédentes (comme celle de nos grands-parents, quand une virgule manquante comptait pour une faute, dans les dictées.) Le niveau baissait déjà, et nos profs ou nos parents avaient absolument raison de ne rien lâcher.
            Pas sûr, ça... Je suis né en 1974, et j'ai toujours connu les dictées où la moindre faute, y compris une virgule manquante, était comptée comme faute et sanctionnée par une perte de points... Et nous avions des dictées dès le CE1.
            Les fautes d'orthographe/grammaire étaient aussi sanctionnées dans les interros et devoirs de maths, d'histoire/géo, de physique/sciences naturelles, etc. jusqu'à mon BEPC.

            Ce n'est qu'au lycée que c'est parti en vrille - donc plutôt début des années 90 qu'années 80...

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            • Snow
              Roi de la Glande


              • décembre 2003
              • 7691

              #7
              Envoyé par Wisblade Voir le message
              Pas sûr, ça... Je suis né en 1974, et j'ai toujours connu les dictées où la moindre faute, y compris une virgule manquante, était comptée comme faute et sanctionnée par une perte de points... Et nous avions des dictées dès le CE1.
              Les fautes d'orthographe/grammaire étaient aussi sanctionnées dans les interros et devoirs de maths, d'histoire/géo, de physique/sciences naturelles, etc. jusqu'à mon BEPC.

              Ce n'est qu'au lycée que c'est parti en vrille - donc plutôt début des années 90 qu'années 80...
              Je suis né en 1972, et je confirme tes dires.
              On avait vraiment intérêt à faire attention à l'orthographe, et ce, quelque soit la discipline.
              La vitesse de la lumière est supérieure à celle du son !
              C'est pourquoi bien des gens ont l'air brillant jusqu'à ce qu'ils ouvrent la bouche !

              ​

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              • eternal-newbie
                Assassin


                • août 2006
                • 1646

                #8
                Ça dépend aussi de où vous alliez à l'école. J'ai grandi à la campagne dans les années 1990 et appris à lire avec la méthode syllabique, alors que la globale était déjà en place. Je me rappelle qu'en primaire, on nous encourageait à orthographier le mot clef avec un f et non avec un é ; orthographe pourtant attestée depuis deux-cents ans et s'étant largement imposée depuis alors bien vingt ans.
                Dernière modification par eternal-newbie, 01 décembre 2021, 18h05.

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                • GT400
                  Manic Miner


                  • juin 2004
                  • 11571

                  #9
                  Envoyé par Snow Voir le message

                  Je suis né en 1972, et je confirme tes dires.
                  On avait vraiment intérêt à faire attention à l'orthographe, et ce, quelque soit la discipline.
                  Je suis né quatre ans plus tard. A vrai dire, pour les virgules, j'ai comme un doute. (ou alors ça coûtait un demi-point (?)) Mais pour le reste, oui : bonne orthographe exigée dans toutes les matières.
                  En fait, je crois me souvenir que jusque dans les années 60, une faute en dictée coûtait quatre points. (Et donc, un zéro pouvait vite tomber.)


                  Edit : Après recherches : une faute c'était bien quatre points dans l'os. A cinq fautes, c'était Game over.
                  Dernière modification par GT400, 01 décembre 2021, 18h22.
                  As the mist clears, the eerie image of a forest forms in front of you. To the east, a vast plain extends towards the horizon. Westward howewer, in the thick of the forest, a thousand pairs of eyes pierce the mist, glaring despondently back at you.

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                  • Dudujones
                    Abandonwarriors


                    • janvier 2014
                    • 4001

                    #10
                    Je me suis permis de créer un nouveau sujet pour que le topic humour reste drôle

                    Je suis de 77 et j’avais zéro de moyenne en dictée de la primaire jusqu’au collège. Ce n’était pas de la mauvaise volonté mais l’orthographe était vraiment un truc qui me dépassait, j’avais beau relire 10 fois ma dictée, je ne voyais pas mes fautes. Je pense que c’est dû au fait que je ne lisais pas de livres, je n’aimais pas lire étant petit. J’ai du commencer en 5ème en découvrant Bob Morane. A partir de là, mon orthographe c’est amélioré.

                    Je vois rien que maintenant, le nombre de fautes que la tablette me corrige, c’est juste fantastique. Je ne comprends pas les gens (jeuné ou pas jeune, il y a de tout) qui écrivent mal avec les technologies que l’on a aujourd’hui…
                    "Le seul usage légitime d'un ordinateur, c'est celui de jouer à des jeux" (Eugene Jarvis, 2001) Livre "Jeux Vidéo en Vrac", p142.

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                    • Snow
                      Roi de la Glande


                      • décembre 2003
                      • 7691

                      #11
                      Envoyé par eternal-newbie Voir le message
                      Ça dépend aussi de où vous alliez à l'école. J'ai grandi à la campagne dans les années 1990 et appris à lire avec la méthode syllabique, alors que la globale était déjà en place. Je me rappelle qu'en primaire, on nous encourageait à orthographier le mot clef avec un f et non avec un é ; orthographe pourtant attestée depuis deux-cents ans et s'étant largement imposée depuis alors bien vingt ans.
                      Pour ma part, école de campagne, méthode syllabique (Rémi et Colette : ça dira peut-être quelque chose à quelqu'un).
                      De plus, c'est ma tante que j'ai eue comme instit' en CP, et une autre de mes tantes ainsi que mon grand-père étaient aussi instit', donc bon, ça aide pas mal.
                      Et comme mon père était un gros lecteur de classiques (Dumas, Hugo...) et aussi de BD, l'orthographe n'a jamais été un problème pour moi.
                      J'ai eu la chance de toujours connaitre des bibliothèques bien fournies dans ma famille.

                      Et comme on dit souvent que l'orthographe est la science des ânes...
                      La vitesse de la lumière est supérieure à celle du son !
                      C'est pourquoi bien des gens ont l'air brillant jusqu'à ce qu'ils ouvrent la bouche !

                      ​

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                      • Veteranval
                        Administrateur


                        • février 2009
                        • 3596

                        #12
                        Niveau orthographe, j'ai beaucoup régressé...

                        J'ai été très bon sur ce point là durant toute ma scolarité (ma scolarité "classique" s'est arrêtée en mi-terminale). Mais depuis quelques années, j'ai de plus en plus de mal à écrire sans fautes et à les repérer. Souvent, j'ai beau relire mon message plusieurs fois avant de l'envoyer, quand je repasse dessus quelques heures après je remarque une énorme faute et je modifie mon message...

                        Pourtant, je suis un gros lecteur...

                        Je pense que le problème vient en partie de mon traitement médical (attention amoindrie, difficulté à rassembler mes pensées, ect...) mais également d'une importante insécurité linguistique (liée à une dévalorisation de moi-même) qui provoque une sévère hypercorrection.
                        Comme accorder plus que nécessaire par exemple.

                        Pour les dictées "à la dur", les associations de lutte contre illettrisme alertent depuis des années. Elles sont au mieux inutiles voir destructrices au niveau de la sécurité linguistique des élèves. Commenter et expliquer la faute, plutôt que d'enlever des points aux élèves (j'ai le souvenir de camarades en dictée qui arrivaient dans le négatif, mon père m'a même raconté que dans les années soixante quand il était élève ceux qui tombaient à zéro voir moins avaient en prime une grosse colle, en plus de l'aller-retour dans la gueule donné par l'instit) .

                        Résultat, les chiffres de l’illettrisme en France sont effarants: 7% de la population pour l'Agence Nationale de Lutte Contre l'Illettrisme. Rapport à lire car il casse pas mal d'idées reçues sur l'illettrisme.

                        Pour rappel, un illettré est une personne qui a appris à lire et à écrire mais qui à un moment donné ne maîtrisent plus ces savoirs.

                        Ces dictées, à l'ancienne, ont pour effet de créer une forte insécurité linguistique chez les élèves en difficulté, en rajoutant, en plus, un facteur "honte" qui peut conduire à ce que les personnes n'osent plus écrire de peur de faire des fautes et de subir des moqueries ou des sermons...et leur faire perdre le peu qu'elles ont acquis dans le domaine...

                        Donc attention, à nouveau, sur le "c'était mieux avant". L'école de l'époque était très punitive. Et pour casser les idées reçues, les personnes âgées ayant connu cette époque ne sont pas des champions de l'orthographe. Notamment dans la classe ouvrière défavorisé.

                        J'en prend pour exemple mes grand parents paternels. Mon grand-père, chauffeur-livreur, qui aurait eu 94 ans dans quelques jours, a toujours été embêté par son faible niveau en orthographe. Il avait également de grosses lacunes en lecture. Il faut dire qu'il a quitté très tôt l'école pour rentrer dans la Résistance... Il a repris la lecture à sa retraite et jusqu'à son décès et nous a laissé une superbe bibliothèque remplie d'ouvrages en tout genres.
                        Ma grand-mère, elle agente de nettoyage, âgée de 88 ans a également soufferte et souffre encore de ses lacunes en orthographe. Elle a constamment besoin de mon père pour rédiger un courrier pour la banque ou autre car elle a peur de faire des fautes dans des courriers "officiels".

                        Donc non, il y a 50, 60, 70 ans, les gens (en tout cas les prolos) n'étaient pas des pros de l'orthographe avec les dictées "à la dur", loin de là. Vous parlez d'une époque que vous n'avez pas connue et que vous fantasmez.

                        Et pour les grammar Nazi, réponse en vidéo par un linguiste, et je conseille à toutes/tous de la regarder:

                        ERROR: If you can see this, then YouTube is down or you don't have Flash installed.

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                        • Wisblade
                          Blademaster


                          • mai 2019
                          • 262

                          #13
                          Envoyé par Snow Voir le message
                          Pour ma part, école de campagne, méthode syllabique (Rémi et Colette : ça dira peut-être quelque chose à quelqu'un).
                          De plus, c'est ma tante que j'ai eue comme instit' en CP, et une autre de mes tantes ainsi que mon grand-père étaient aussi instit', donc bon, ça aide pas mal.
                          Et comme mon père était un gros lecteur de classiques (Dumas, Hugo...) et aussi de BD, l'orthographe n'a jamais été un problème pour moi.
                          J'ai eu la chance de toujours connaitre des bibliothèques bien fournies dans ma famille.
                          Pareil : petit village, méthode syllabique, et dyslexie en prime faisant que les fautes lourdes m'empêchent de lire correctement (= à pleine vitesse) en m'obligeant à décoder le mot comme au CP - d'où le fait que lire un gros cave en orthographe m'est en général pénible, et n'améliore pas mon humeur. Instituteur "vieille école", ultra-sévère tout en étant juste et équitable - les punitions étaient tout aussi publiques que les félicitations, par exemple, et son fils n'avait aucun traitement de faveur. Je n'ai pas de souvenir de la méthode utilisée, parce que j'ai sauté le CP (et donc la méthode...), mais de mémoire tout était fait à la polycopieuse à alcool et non pas avec un manuel.
                          Gros lecteur aussi depuis toujours, étant gamin je lisais autant Astérix que l'encyclopédie "Tout l'Univers". Mes problèmes ont plus été sur la conjugaison que sur l'orthographe, en fait...

                          Envoyé par Snow Voir le message
                          Et comme on dit souvent que l'orthographe est la science des ânes...
                          Mon instituteur de CM2 disait ça à propos de l'écriture (sous-entendu, la calligraphie), plutôt... Il préférait des choses justes rédigées avec une écriture de putois plutôt qu'une calligraphie impeccable bourrée de conneries... Le fond avant la forme, donc. J'adorais cet instituteur...

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                          • Wisblade
                            Blademaster


                            • mai 2019
                            • 262

                            #14
                            Envoyé par veterantval Voir le message
                            Pourtant, je suis un gros lecteur...
                            Tout dépend de ce qu'on lit.

                            Envoyé par veterantval Voir le message
                            Je pense que le problème vient en partie de mon traitement médical (attention amoindrie, difficulté à rassembler mes pensées, ect...) mais également d'une importante insécurité linguistique (liée à une dévalorisation de moi-même) qui provoque une sévère hypercorrection.
                            Comme accorder plus que nécessaire par exemple.
                            Je suis dyslexique, ça ne m'empêche pas d'avoir une bonne orthographe. Même lorsque j'étais cartonné au Tramadol quatre mois non-stop, suite à des problèmes médicaux, ou en burn-out, je ne faisais pas de fautes non plus. Je n'en fait pas plus en étant fatigué, déprimé, ou quoi que ce soit d'autre. C'est un savoir ancré. Inversement, ayant appris à lire et à écrire très jeune, sans méthode pour former les lettres, j'ai une écriture qui ferait fuir un pharmacien : sans surprise, je dois me contrôler très, très fortement pour rester lisible pour le commun des mortels. Mon état de santé ou de vigilance dégrade très fortement ma lisibilité. C'est un savoir superficiel, que je n'ai commencé à "travailler" qu'à l'adolescence à cause d'un prof pète-burnes sur le sujet.

                            Envoyé par veterantval Voir le message
                            Pour les dictées "à la dur", les associations de lutte contre illettrisme alertent depuis des années. Elles sont au mieux inutiles voir destructrices au niveau de la sécurité linguistique des élèves. Commenter et expliquer la faute, plutôt que d'enlever des points aux élèves (j'ai le souvenir de camarades en dictée qui arrivaient dans le négatif, mon père m'a même raconté que dans les années soixante quand il était élève ceux qui tombaient à zéro voir moins avaient en prime une grosse colle, en plus de l'aller-retour dans la gueule donné par l'instit) .
                            Ouais ouais ouais... En attendant, la bienveillance, ça ne marche pas non plus. Désolé, mais ce sont des conneries : les zéros en dictée arrivaient, quand j'étais gosse, et l'instituteur expliquait quand même les fautes. Et celui qui se foutait de la gueule du dernier passait un quart d'heure à genoux sur un carrelet avec deux dictionnaires au dessus de la tête. Le coup de "L'école des fans", où tout le monde a gagné à la fin, ça ne fonctionne pas.

                            Envoyé par veterantval Voir le message
                            Résultat, les chiffres de l’illettrisme en France sont effarants: 7% de la population pour l'Agence Nationale de Lutte Contre l'Illettrisme. Rapport à lire car il casse pas mal d'idées reçues sur l'illettrisme.
                            Faut aussi savoir lire dans l'autre sens : 71% parlent uniquement le français à 5 ans ? Donc pour 29%, ce n'est pas le cas - donc lié à l'immigration. 10% en région parisienne (probablement dans le XVIè arrondissement, n'est-ce pas...) et 10% en ZUS, mais là avec un taux double du reste : il y a quelque chose à tirer de gamins dont les parents leur ont depuis longtemps laissé la bride sur le cou ? Le genre de gamin à pointer un calibre sur un prof pour être mis "présent", ou qui veut essayer de mettre son prof en mode Bluetooth entre le cerveau et la moelle épinière ?
                            On notera aussi un important "privilège masculin" sur l'illettrisme (60% sont des hommes), et le fait que les DOM/TOM plombent méchamment les chiffres - pas un mot sur la possible influence de la langue créole sur ces chiffres... Pas non plus de chiffres sur la catégorie socio-professionnelle des illettrés ayant un emploi : je doute que ce soient des cadres supérieurs, par exemple, et j'imagine sans peine qu'une proportion non-négligeable de CAP/Bac Pro peuplent ce segment - normal, dès qu'un gamin ne gaze plus dans la filière généraliste, on l'expédie en filière pro sans vraiment lui laisser le choix, et sans comprendre pourquoi il a de mauvais résultats.
                            L'étude est également légèrement biaisée en rajoutant la maîtrise du calcul : j'ai une mère qui a une excellente orthographe, mais qui est une quiche en calcul posé comme en calcul mental - elle serait donc illettrée, d'après cette enquête ?

                            Envoyé par veterantval Voir le message
                            Ces dictées, à l'ancienne, ont pour effet de créer une forte insécurité linguistique chez les élèves en difficulté, en rajoutant, en plus, un facteur "honte" qui peut conduire à ce que les personnes n'osent plus écrire de peur de faire des fautes et de subir des moqueries ou des sermons...et leur faire perdre le peu qu'elles ont acquis dans le domaine...
                            Non, il n'y avait pas de "honte" à échouer. Pas de moqueries ni de sermons, on se faisait juste engueuler pour n'avoir pas fait au moins aussi bien que la fois d'avant, donc on avait "sous-performé" comme on dit maintenant. La pression, on se la mettait nous-même, parce qu'on était vexés d'avoir fait moins bien qu'auparavant. C'est le fait de prétendre qu'il y a un "droit" à avoir une égalité de résultats malgré une différence à la fois de travail, d'intelligence et de capacités qui est débile et contre-productif. Quand j'étais gamin, même le dernier de la classe, nul "en tout" était poussé par l'instituteur, qui lui disait qu'il fallait qu'il apprenne au maximum de ce qu'il pouvait, tant pis s'il ne pouvait pas beaucoup. Mon instituteur répétait souvent qu'un docteur, c'était bien, mais sans maçons pour fabriquer l’hôpital, ça ne sert pas à grand-chose. Étant moi-même le premier "non-prolo" de ma famille, ça fait un bail que j'ai appris à ne pas me moquer de ceux qui font un boulot que je n'ai pas envie de faire.

                            Envoyé par veterantval Voir le message
                            Donc attention, à nouveau, sur le "c'était mieux avant". L'école de l'époque était très punitive. Et pour casser les idées reçues, les personnes âgées ayant connu cette époque ne sont pas des champions de l'orthographe. Notamment dans la classe ouvrière défavorisé.
                            Je n'ai pas vu de corrélation sur les maladies neuro-dégénératives, en hausse assez alarmante, et cet illettrisme chez les personnes âgées... Là encore, la catégorie socio-professionnelle a un impact, et pas de mention explicite du sujet.

                            Envoyé par veterantval Voir le message
                            J'en prend pour exemple mes grand parents paternels. Mon grand-père, chauffeur-livreur, qui aurait eu 94 ans dans quelques jours, a toujours été embêté par son faible niveau en orthographe. Il avait également de grosses lacunes en lecture. Il faut dire qu'il a quitté très tôt l'école pour rentrer dans la Résistance... Il a repris la lecture à sa retraite et jusqu'à son décès et nous a laissé une superbe bibliothèque remplie d'ouvrages en tout genres.
                            Ma grand-mère, elle agente de nettoyage, âgée de 88 ans a également soufferte et souffre encore de ses lacunes en orthographe. Elle a constamment besoin de mon père pour rédiger un courrier pour la banque ou autre car elle a peur de faire des fautes dans des courriers "officiels".
                            Arrière-grand-parents nés au XIXè siècle. Tous deux ultra-prolétaires, dans les Vosges. Mines, usine, guerre mondiale, tout pour plaire. Les deux écrivaient correctement, lisaient correctement, et ont poussé leurs quatre fils au minimum jusqu'au certificat d'études - un a fini instituteur. Le "moins instruit" des quatre était mon grand-père, qui n'a jamais eu pourtant le moindre souci en orthographe. Ma mère n'a qu'un CAP de coiffure : pas de souci d'orthographe. Et enfin, moi - j'ai la prétention de penser que ma prose parle d'elle-même sur ce sujet.
                            Le point commun de tout ce petit monde, c'est des parents impliqués dans l'éducation de leurs gamins, et surtout des instituteurs/professeurs qui se préoccupaient plus de faire rentrer les connaissances dans les têtes que de syndicalisme, d'idéologie ou d'éviter de froisser les égos fragiles... L'institutrice de mon fils a tiré des yeux comme des soucoupes hier soir, en réunion parents/enseignants, parce que je lui ai dit que je doublais les punitions de mon fils à la maison au lieu de venir hurler sur elle... Tant que mon gamin n'est pas en légitime défense, cas dans lequel j'irai aux créneaux pour lui, je soutiens ses enseignants. Apparemment, je suis le seul parent à avoir explicitement signifié ceci à l'institutrice, et depuis plusieurs années !

                            Envoyé par veterantval Voir le message
                            Et pour les grammar Nazi, réponse en vidéo par un linguiste, et je conseille à toutes/tous de la regarder:
                            Laisse celui-là dans son coin, stp : Linguisticae est à peu près aussi neutre idéologiquement qu'Usul ou Nota Bene. C'est une question d'être compréhensible par tous, sans équivoque ou ambiguïté.

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                            • GT400
                              Manic Miner


                              • juin 2004
                              • 11571

                              #15
                              D'accord à plus de 90% avec Wisblade. Tout est dit.

                              Quant à Linguisticae, j'avais vu sa vidéo et je ne la conseille pas du tout.
                              (Marre des YouTubeurs politisés (et bobos) donneurs de leçons. ("Les Grammar Nazis sont élitistes, blablabla presque des intégristes religieux... Ils veulent revendiquer une position sociale supérieure, prendre une revanche, écraser ceux qui sont nuls en orthographe...". Nan mais franchement c'est pas possible, quoi. (Sans parler de son ton condescendant et hautain...)) .

                              En plus, je ne vois pas ici l'intérêt de mettre sur le tapis cette vidéo. Tout ce que je disais plus haut, c'est que le terme "Grammar Nazi" est utilisé la plupart du temps par bon nombre de jeunes trous du cul qui se trouvent une excuse pour pouvoir continuer à écrire comme des gros porcs.
                              (Ce genre de vidéo à la noix (dont ils ne retiendront de toute façon que ce qu'ils veulent entendre) doit les conforter dans leur idée.) Pour moi "Grammar Nazi" pourrait à la limite s'appliquer à quelqu'un qui te gonfle pour une virgule, pour avoir mal écrit un mot peu usité, ce genre de petites choses... mais certainement pas aux gens qui reprennent les autres sur des grosses fautes en pagaille (et qui ont mille fois raison de le faire).


                              Envoyé par veteranval
                              Vous parlez d'une époque que vous n'avez pas connue et que vous fantasmez.
                              ... Et tu penses peut-être qu'on en a pas entendu parler longuement de cette époque ? Tu penses qu'on n'a pas aussi lu/vu des choses sur cette époque ? (et cela pendant plus longtemps que toi, vu que tu as en gros vingt ans de moins que nous (chose que tu as trop souvent tendance à oublier)) On fantasme rien du tout. - En plus, que les choses soient claires avec cette histoire de "monde d'avant" (qui revient sur le tapis depuis la discussion sur les wokes) : personne ne dit ici que le monde d'avant était fabuleux, qu'il faudrait presque y retourner ou je ne sais quoi... On dit simplement qu'on a pu perdre de bonnes choses de ce monde, qu'il faut arrêter de croire que le changement, la marche vers le futur, n'apporte que du bon et que l'époque actuelle est si formidable.


                              Envoyé par veteranval
                              Souvent, j'ai beau relire mon message plusieurs fois avant de l'envoyer, quand je repasse dessus quelques heures après je remarque une énorme faute et je modifie mon message...
                              Ca m'arrive aussi. Ca s'explique simplement par le fait qu'on lit souvent par "blocs", par "zones", et on se relit en se focalisant (volontairement ou non) sur certains trucs plus que d'autres. On zappe en gros des mots ou des blocs de mots machinalement en pensant qu'on y trouvera pas de fautes. (Je ne pense donc pas que les médicaments ont un rapport avec ça...)
                              Dernière modification par GT400, 02 décembre 2021, 14h23.
                              As the mist clears, the eerie image of a forest forms in front of you. To the east, a vast plain extends towards the horizon. Westward howewer, in the thick of the forest, a thousand pairs of eyes pierce the mist, glaring despondently back at you.

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