
Il serait déjà bon de savoir de quoi on parle quand on oppose cinéma américain et français.
Si on parle de la nationalité des fonds, alors il faut savoir qu'on trouve de plus en plus de co-productions (pour ex, le film "Trois enterrements" de Tommy Lee Jones est produit par Besson).
Si on parle de lieux de tournages, alors il faut savoir que la grande majorité des films (américains comme français) est désormais tourné en europe de l'est pour des raisons pécunières. De plus j'ajouterai que, même avant cela, il n'était pas rare que des grosses productions américaines (james bond par ex) soient (du moins partiellement) tournés en France... pour le "charme" du cadre mais surtout car nous avions les meilleurs cascadeurs automobiles et dresseurs de chevaux. Et ce n'est qu'un exemple.
Si on parle d'une "manière" américaine ou française de faire un film alors c'est un peu plus compliqué mais pas forcément plus juste. Il y a en effet une culture cinématographique qui découle directement de la manière dont les films étaient faits dans le temps. En effet, comme beaucoup le savent, aux Etats-Unis c'était le studio qui avait les droits et donc le mot final... ceux impliqués dans le projet n'avaient qu'à s'y plier et à négocier le meilleur compromis. En France, même si les pressions des studios et producteurs pouvaient être aussi importantes, c'était le réalisateur qui avait le mot final... il était donc bien plus maître de son oeuvre.
Attention... Je ne suis évidemment pas en train de comparer la qualité du résultat final, seulement la manière.
Cette situation n'est plus aussi tranchée car on trouve désormais de nombreuses possibilités aux Etats-Unis pour faire des films où l'auteur garde le contrôle de son oeuvre, et en France des studios aussi dirigistes que l'étaient les américains (Besson par ex)... mais c'est un changement récent et les esprits sont conditionnés par plus de 50 ans d'un système. Or il y a une grosse différence entre commencer un film dont on sait qu'on gardera le contrôle (permet une oeuvre personnelle... dans la forme et/ou le fond) et un film qui sera de toute façon (quoi qu'on filme) à l'arrivée ce que le studio veut (on fait mumuse avec les moyens mis à disposition mais en faisant bien attention de coller aux exigences pour ne pas voir la scène supprimée).
C'est la seule et unique différence dans la manière... toutes les autres ne découlent que de choix et non d'impossibilités.
Après, si le débat porte sur l'opposition entre "blockbuster" et "film d'auteur" alors cela tombe autant à plat.
Comme l'a dit docteur_match et comme je viens de le répéter, un film d'auteur n'est rien d'autre qu'un film où l'auteur a gardé le contrôle total ; en d'autres termes, si on s'en tient à la définition, "Le cinquième élément" ou "Sin city" par ex SONT des films d'auteurs. Le blockbuster est, quant à lui, une oeuvre dont les décideurs ne sont pas les "faiseurs" et qui appliquent généralement des recettes de marketing ; en d'autres termes "Taxi 4" et "Blood diamond" (Si si... la romance obligée même si non consommée, le gros dur au grand coeur qui se sacrifie comme l'a fait le Christ, l'happy end pour les eutres...) sont des blockbusters.
Vous me direz alors que vous n'êtes pas d'accord avec la définition et que des films comme "Le cinquième élément" sont en fait des blockbuster. Dans ce cas je vous répondrai, en essayant de comprendre comment vous le définissez, que les meilleurs blockbuster sont ceux réalisés par des auteurs... si vous en doutez vous n'avez qu'à comparer les "X Men" de Singer avec "les 4 fantastiques".
Peut-être que ce débat ne porte alors que sur les "genres" cinématographiques. Hum... dans ce cas comment définit-on un genre ?
Par la forme... dans ce cas comment différiencer un drame d'une comédie ? Par le fond... dans ce cas quelle est la différence entre "l'empire des sens" et "hellraiser" ? Par le contenu... dans ce cas "Underworld" est-il un film d'action ou fantastique ?
Je sais... je caricature... un genre est censé être un savant mélange de tout cela. Mais est-ce bien vrai ? Je veux dire que ce n'est rien d'autre qu'une liste de codes à respecter pour être étiqueté comme tel... des genres qui ne sont généralement que des raccourcis syntaxiques inventés (souvent par les journalistes, parfois par les auteurs eux-mêmes) de la même manière qu'on l'a fait avec la musique (n'importe quel allergico-musical sait faire la différence entre du classique et du rock... mais il aura plus de mal à appréhender celle d'un disque contemporain qui oscille entre les deux). Les "genres", qu'ils soient cinématographiques ou non, ne sont que des outils pour cataloguer... et ainsi accrocher le client et (soi-disant) simplifier le rangement en magasin.
Certes certaines distinctions de genres ont véritablement un sens (je reprends l'exemple du classique par rapport au rock) mais je voudrais faire remarquer que les meilleurs films de genre sont soit ceux qui ont donné naissance au genre (les codes n'étaient donc pas encore connus), soit ceux qui jouent avec ces codes.
Bref, une fois encore, je pense que la vraie différence porte sur les envies/objectifs initiales des auteurs plus que sur la manière et le résultat et qu'il est dangereux de généraliser mais bon...
Enfin je tiens à ajouter, et rejoins totalement docteur_match en cela, que nous avons en France (disons en Europe pour ce que j'en sais) la chance d'avoir accès à une très grande diversité et qu'il faut préserver cela à tout pix... libre à vous d'aller voir ce que vous voulez mais vous serez bien malheureux quand vous n'aurez plus le choix...

et... euh... l'autre là... comment il s'appelle dejà... Bruce Willis je crois


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