Peter Pan a bien grandi. Ayant renoncé à son âme d’enfant, pour jouer au docteur avec une vraie femme, Pan est devenu Banning, un homme en costard cravate, avec chéquier et portable, la poudre de fée ayant été remplacée par le petit sachet de cocaïne, courant dans les milieux d’affaires, qui permet aux adultes de planer aussi bien. L’infâme Capitaine Crochet, nostalgique du bon vieux temps, ne l’entend pas de cette oreille. Il enlève les enfants de Banning, pour le contraindre à l’ultime affrontement au Pays Imaginaire. Mais Peter, qui a tout oublié de sa vie précédente, parviendra-t-il à entrer dans ses collants verts de jeunesse ?
Vous l’aurez compris, Hook est l’adaptation du film éponyme de Spielberg, cette grosse meringue de carton-pâte, sirupeuse et débile, sortie sur nos écrans dégoulinants en l’an de grâce 1993. Est-ce une adaptation fidèle ? Oui, serait-on tenté de répondre, tant la médiocrité du jeu rend justice à la médiocrité du film. Déjà, n’espérez pas comprendre quelque chose au scénario, si vous n’avez pas vu le film. Minimum syndical en guise d’introduction : une courte scène sans grande inspiration, puis voilà Peter lâché au Pays Imaginaire. Les dialogues s’avèrent tout aussi rachitiques et sans intérêt. Juste de quoi faire avancer l’intrigue, pas l’ombre d’une blagounette gratuite, pour la beauté du geste. Pire, ces dialogues ne se renouvellent jamais. Certains personnages vous parlent donc de choses dont vous n’avez pas idée, d’autres vous donnent des indices sur une énigme résolue depuis une demi-heure… Aucune adaptation à la situation.
On pourrait penser que le jeu se rattrape sur les énigmes. On aurait tort. Sans être totalement nulles, elles ne dépassent pas le stade de la banalité. Pourtant, il y a quelques bonnes idées, comme la présence virevoltante de la fée clochette autour du héros, qui donne parfois envie d’investir dans une bonne bombe de Raid. Lorsqu’on clique sur son petit corps de pimbèche avec l’icône bouche, la bonne fée (car elle est bonne, c’est Julia Roberts, après tout) donne des conseils utiles. Ce n’est pas du luxe, le scénario squelettique étant des plus vaseux.
Le gameplay suit les règles classiques du point & click, à bases d’icones : parler, prendre, utiliser… On notera les visages du Capitaine Crochet et de Peter Pan, représentés de part et d’autre de l’interface. Ils n’ont qu’un intérêt esthétique, Crochet agitant son appendice métallique à chaque énigme réussie, pour marquer son mécontentement. Les graphismes, corrects mais un peu ternes, ne rendent pas tout à fait justice au carton-pâte du film, rutilant de mille feux en toc.
Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin : le jeu est si court, qu’on croirait à une (mauvaise) blague. Après deux pauvres zones de jeu, durant lesquelles le scénario se développent à coups de tromblon, le joueur incrédule assiste à un simili duel d’insultes qui tient lieu d’acte 3. Et puis Basta, le mot « fin » s’étale sur l’écran, comme pour narguer le joueur. Aucune cinématique, bien sûr, les concepteurs s’étant sans doute barrés pour siroter une bière au bar, préférant faire quelque chose de constructif, comme une partie de baby foot, plutôt que de terminer correctement le jeu.
Du début à la fin, Hook exhale un doux parfum de foutage de gueule. Un jeu conçu par des gens de toute évidence pressés de s’en débarrasser. Incroyable lorsqu’on songe qu’il s’agit de l’adaptation d’une superproduction du père Spielberg. Je n’aurais pas aimé être dans la peau du pauvre bougre ayant dépensé trois Delacroix et un Jacques Balutin (qui était sur les billets de 50 balles, déjà ? Me rappelle plus) pour jouer à un tel ersatz de jeu. 8/20






).
...)
Docteur_match)
Good Music Downside 



Commentaire