Bioware a bien joué sa carte marketing avec ce jeu. En annonçant un univers original non basé sur D&D, en balançant une bande-annonce pourvue d'un sens épique prononcé et d'une qualité cinématographique et délivrant régulièrement quelques visuels du jeux (compagnons, PNJ, monstres, environnements,...).
La bande-annonce, bien que se révélant fascinante de par son esthétisme, avait cependant divisé quelque peu les joueurs. Celle-ci montrait un PJ-modèle accompagné des ses 3 compagnons (max) décapitant, éviscérant, massacrant de nombreuses créatures et finissant par un énorme dragon...qui ne tindra pas une minute face aux héros. En gros, la BA mettait en avant-plan une compagnie bien au-delà des limites du Gros-Billisme; La peur était donc grande de se retrouver devant un soft légèrement RPG et très casual.
L'autre crainte venait de la cote accordée par JV.com à Dragon Age. Un 18/20 agrémenté d'un titre de "digne successeur de Baldur's Gate", ça faisait frissonner. Leurs vidéos de test ne furent pas plus rassurantes...montrant principalement le côté "action/combat" du jeu. Quant à l'interaction entre le PJ et les compagnons, elle avait de quoi faire peur, la vidéo donnant l'impression d'avoir finalement un jeu d'action/RPG avec un côté sims 3...brrrrr, ça faisait plutôt froid dans le dos.
Je m'y suis donc attelé avec quelques doutes et la peur d'être déçu après une dizaine d'heures de jeu.
Bioware nous avait promis un univers original loin de D&D. Bon, à ce niveau-là, ils se sont quand même un peu foutus de notre gueule. Férelden pourrait aisément faire partie des Royaumes oubliés et on retrouve 3 races incontournables : Humain/Elfes/Nains. Le background par contre est assez différent.
Pour résumer rapidement, aux Premiers Temps, un groupe de mage voulut s'emparer du pouvoir du dieu créateur. Celui-ci les maudit et les transforma en créatures corrompues : les premières engeances. Leur corruption multiplia leur nombre et régulièrement, un archidémon apparaît pour coordoner et mener les engeances à la destruction des peuples. Une période noire et dangereuse nommée Enclin.
Dans ce monde, donc, les mages et leur potentiel sont sous surveillance constante et traqués s'ils ne suivent pas les préceptes qui leur sont imposés.
La dominance de la croyance envers le Créateur est forte en Férelden. Représenté par la Chantrie, c'est en quelque sorte cette tradition religieuse qui dicte la conduite au peuple et qui a participé à forger les chaînes qui retiennent les mages.
Au niveau des races, les humains sont majoritaires, les elfes sont un peuple sur le déclin, soit esclave des humains, soit nomade. Les nains sont bien entendus des mineurs mais aussi une race constamment harcelée par les engeances, même sans qu'il y ait un Enclin.
Pour contrer l'Enclin, un ordre a été mis en place : Les Gardes des Ombres, une élite qui connaît bien la corruption pour y avoir été soumise et y avoir résisté. Cette élite a pour but de surveiller les activités des engeances et peut lors d'un Enclin réquisitionner et réunir les peuples pour repousser les engeances. Un ordre quelque peu indépendant...Pour un peu, on pourrait les appeler des SPECTRES. Notre enrôlement dans cette élite se fera alors que l'un des plus sages membre des Gardes pressent un Enclin et alors que la confiance envers les Gardes se désagrège. Comme bien entendu, nous nous retrouverons bien vite comme l'un des derniers membres de l'ordre chargé de réunir les peuples pour résister à l'Enclin qui s'annonce.
Pour accomplir cette tâche, nous ne serons pas seuls cependant. 9 compagnons pourront être "recrutés" pour nous venir en aide. 3 guerriers, 2 "mages", 2 "voleurs" et 1 chien. La dernière aide est un Golem disponible avec le DLC "Le prisonnier de la pierre". ces compagnons ne nous accompagnerons pas à n'importe quel prix. Il faudra veiller à contenter leurs convictions au risque de les voir nous laisser en plan. De plus, il sera possbile de nouer une ou plusieurs romances avec quelques-uns de ces personnages.
Le jeu commence bien entendu par la création du personnage et de ses caractéristiques. Grosso modo, au début du jeu, on a le choix entre 3 classes de perso : le guerrier (donc fort au contact), le voleur (donc fort à distance) et le mage (donc...'fin, vous avez compris). Le choix de la race et du statut social (noble,...) déterminera où et comment se débutera l'aventure (il y a 6 scénarios d'origine différents). L'idée est bonne et trop peu utilisée. ça donne un léger plus niveau rejouabilité même si après quelques heures de jeu, les différents chemins finiront par se rejoindre.
Niveau complexité de la fiche de perso, on est loin des Fallout (1 et 2) et autres Elder Scrolls ou Drakensang. On a 6 attributs où répartir des points (force, dextérité, volonté, magie, intelligence et constitution) qui permettront de déterminer le niveau de santé, de mana, d'endurance, les dégats portés, la résistance de base, etc...On aura également un point permettant de délboquer une compétence parmi huit. Chaque compétence ayant 4 niveaux; C'est dans cette liste que l'on pourra choisir le vol à la tire, la maîtrise du combat, la capacité à créer et désamorcer des pièges,...Un nouveau point sera accordé tous les 2 niveaux aux voleurs et tous les 3 niveaux aux autres classes.
Il sera ensuite possible de dépenser un point pour l'acquisition d'un talent/sort. Les talents et sorts on chacun 4 niveaux. ils sont également regorupés en groupe de 4 selon leur nature (Archerie, Combat à une main, Maîtrise du bouclier, magie élémentaire, magie entropique, ...) à cela, on rajoutera les talents ou sorts propres à la classe et aux spécialisations choisies (plus tard dans le jeu, il sera possible de choisir 2 spécialisations ouvrant chacune une nouvelle liste de 4 talents/sorts).
Bref, même si à première vue, ça a l'air plutôt limité, il y a du choix. Le problème vient surtout que hormis pour les mages où il y aura vraiment moyen de faire au max 3 mages différents dans la compagnie (si le PJ est un mage), Les 3 guerriers et voleurs vont vite se retrouver avec les mêmes capacités en fin de jeu (hormis leur compétence de classe).
Donc, une création de perso simple et rapide et pas déroutante pour un sou.
Pour le matériel équipé, rien de neuf non plus. une armure est composée de jambières, bottes, plastrons et gants (et parfois d'un casque) il sera possible de porter 2 anneaux, une ceinture, une amulette ou autre colifichet. Il sera également possible de composer 2 sets d'armes (par exemple, un combo épée/bouclier pour le premier set et une arme à 2 mains pour le deuxième). L'équipement emporté est stocé en sacoche. Là, on a un premier exemple du côté RPG light. L'équipement que l'on peut transporter n'est pas calculer selon le poids mais selon un nombre déterminé...et encore, on pourra transporter plusieurs exemplaires d'un même objet (sauf pour les armes et armures en général...faut pas déconner quand même). donc, une épée pèse aussi lourd qu'une fleur pour potion. La même épée pèsera aussi lourd que 99 de ces fleurs. 99 fioles de soins prendront autant de places q'une paire de chausses...bref, niveau RPG, c'est pas le top comme méthode.
En fait, toute la gestion du perso est grevée de ce côté RPG light.
Par exemple, après un combat, la santé (et le mana) remonte aussitôt à son niveau nominal.
Quand un personnage n'a plus de points de vie, il tombe inconcscient mais se réveille si à la fin du combat, l'un de ses acolytes est toujours en vie.
Malgré tout, il se réveille avec une blessure qui ne peut se soigner que par un nécessaire de soin...ou un passage au campement, lieu que l'on peut visiter quasi non-stop au cours du jeu.
ll y a un cycle jour/nuit...mais jamais on n'aura de message portant sur la fatigue des persos. Les auberges ne proposent d'ailleurs pas le couchage...Dommage, Il était plaisant dans les Baldur's Gate d'arriver dans une auberge, de prendre une chambre et de prendre à boire au choix pour chaque membre de groupe.
Les combats seront à quelques rares exceptions rarement problématiques au niveau normal (seules quelques situations demanderont plus de planification et un poil de chance).
Au niveau du choix de perso, on retrouve le même principe que dnas D&D. Les mages auront plus de mal au début mais deviendront vite des puissances-brutes capables de nettoyer une salle remplie d'ennemis à eux-seuls en 2 coups de bâton magique.
Au niveau graphique, ça reste joli mais à mon goût, moins qu'un Mass Effect, même si les cinématiques sont de qualité.
Au niveau du scénar', il est plutôt intéressant, on retrouve les qualités du Seigneur des Anneaux (pour le côté rassemblement des peuples libres) et Star Wars (pour le côté dernier espoir d'un ordre quasi éteint). La trame principale n'ets pas ultra-originale mais tient suffisamment en haleine. On évite aussi parfois le simple choix manichéen.
On retrouve aussi la même méthode que celle utilisée dans les Fallout. La trame principale est découpée en multiples sous-quêtes qui donne une conclusion liée aux choix pris dans ces sous-quêtes.
Le ton est sombre et le langage parfois crû...
Surtout dans le langage de certains compagnons. A ce sujet, si on a souvent le sourire au lèvres quand Ogrhen le nain ou Shale le golem font partie du groupe, on a régulièrement envie de pousser Alistair (le templier), Léliana (la barde/voleuse) ou Wynne (une mage) du haut d'une falaise.
On retrouve ici aussi une tare des jeux de maintenant, ne jouant que sur le politiquement correct.
Ainsi, le jeu est classé PEGI 18 et au cours du jeu, il sera possible de nouer des relations intimes entres personnages, relations menant à une partie de jambes en l'air...et une nouvelle fois, les développeurs n'ont pas eu les c... d'y aller à fond. Du coup, lorsque nos PNS s'envoient en l'air, ils le font en gardant leurs sous-vêtements. Non seulement ça casse l'ambiance, en plus, ça rend les scènes ridicules.
Sans demander une pénétration vaginale en gros plan (ou la visite de l'usine à chocolat pour les relations homosexuelles), il y avait quand même moyen d'être un peu moins cul-béni que çà! Par contre, pas de problèmes pour monter le sang qui gicle et les membres qui se découpent. Y a des jours où la scène jouée par Woody Harrelson posant la question de ce qui est sale et vulgaire, montrant des femmes nues ou des enfants l'arme à la main en pleine guerre dans le film "Larry Flint" devrait être repassée en boucle auprès de certains petits esprits.
D'un point de vue durée de vie, on n'est pas volé. avec tous les DLC (mais pas l'extension DA : Awakening), on peut compter sur une petite centaine d'heures si l'on veut faire toutes les quêtes. Sans compter le potentiel de rejouabilité en prenant un autre type de perso.
Les DLC sont cependant peu intéressants surtout rapport qualité/prix.
Dragon Age : Origins n'est au final pas un mauvais jeu mais il reste un parent pauvre comparé à Baldur's gate (1 et 2), Fallout (1 et 2), Planescape Torment ou Arcanum.
Pour le background solide et différentes résolutions proposées dans les quêtes mais à cause de son côté RPG light et lèche-bottes qui a peur de la censure, je dirai que "DA : Origins" est bien mais aurait pu être bien mieux.













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