
Fallout New Vegas, Beteshda/Obsidian (2010)
C’est une bien belle expérience que de parcourir le désert du Mojave. Mais une expérience intrigante, dans un univers post-apocalyptique plutôt triste, voire décourageant sur le plan humain.
Soyons succincts sur l’histoire : Au sortir d’une guerre nucléaire, les humains sortent de leurs bunkers pour reciviliser la surface terrestre. Problème : Les communautés ont du mal à cohabiter, et c’est la loi de la jungle. En plus, tout est contaminé, et des sales bestioles pullulent. La Californie a tout de même réussi à fonder une nation, et son armée cherche à récupérer le Barrage Hoover, dans le désert du Nevada, pour la production d’électricité. Problème (encore) : De l’autre coté du fleuve, une puissante tribu guerrière, particulièrement cruelle, a les mêmes intentions. La bataille est imminente. Pas très loin de là, il y a les ruines de Las Vegas, où subsiste encore le goût du jeu et de la débauche.
Le personnage que vous incarnez vient de se faire assassiner par un type appartenant à un casino de New Vegas. Heureusement, vous vous faites remettre sur pied dans une calme bourgade. Votre objectif est évident : retrouver le type qui a tenté de vous éliminer, lui poser quelques questions, et (peut-être ?) vous venger.
La grande force du jeu, on le répétera, c’est cette liberté totale donnée au joueur.
L’évolution du héros avec le choix des caractéristiques à améliorer fait bien évidemment partie du cahier des charges. Mais on y reviendra.
Beteshda nous avait habitués à de pareilles expériences, libres de tous mouvements dans des univers immenses, et la possibilité d’effectuer plusieurs quêtes en même temps, sans avoir un cheminement unique à suivre.
La particularité ici, c’est cette maléfique manie qu’ont eue les développeurs de ce jeu, de nous obliger à résoudre incessamment des dilemmes cornéliens. Non seulement il est difficile de contenter tout le monde, mais le joueur est souvent amené à laisser tomber certains principes.
Je vais essayer de distinguer les points positifs et négatifs du jeu, pour analyser tout ça :
Points Positifs :
- l’histoire est béton. A la fois complexe et ficelée, sans être trop irréaliste.
- la liberté totale, qu’est-ce que c’est bon.
- Beaucoup de missions secondaires dans de nombreuses communautés.
- la possibilité d’avoir trois parfois quatre dénouements possibles sur de nombreuses quêtes, y compris sur l’issue finale du sort réservé aux habitants des Terres Dévastées.
- Une durée de vie correcte, avec une trentaine d’heures minimum pour le finir rapidement, et, je suppose, une centaine d’heures avant de se sentir expert du monde (j’en suis à 70)
- Les sentiments sont mis à rude épreuve.
- Le mode SVAV, qui permet de faire une « pause » en plein combat. Ca permet de mieux analyser les forces en présence. Pratique pour les joueurs à la coordination lente comme moi.
Points Négatifs (ou plutôt les Points Scoubidou-bidou-bidous):
- Un monde pas si grand que ça, bien moins immense et varié qu’un univers comme celui d’Oblivion et de Morrowind, par exemple (peut-être que je place la barre trop haut…). Tout une partie de la carte n’est pas exploitée du tout (de l’autre coté du fleuve).
- L’univers est vraiment consternant. C’est l’horreur à peu près partout. Peu de PNG redonne le sourire, c’est glauque et fataliste.
- Le Pip-Boy qui vous sert d’interface. Monochrome, c’est pas folichon-folichon. Impossible de trier son inventaire, il faut une plombe pour comparer les armes entre elles, une plombe pour trouver un item, etc…
- Le chevauchement de nombreuses quêtes rend impossible (il me semble…) de triompher à toutes les quêtes. On ne peut réaliser les conséquences de certaines actions, exécutées souvent par obligation. Au fur et à mesure de l’avancement du jeu, le héros achèvera beaucoup de quêtes avant même de les avoir reçues. Cela empêche de connaître certains méandres de lieux précédemment visités, c’est vraiment dommage de finir le jeu avec un tel sentiment d’inachèvement.
- Il est très complexe de comprendre certaines inimitiés entre les nombreuses communautés de ce monde. Il n’y a pas de vérités établies, et il y a toujours des enfoirés qui s’en sortiront plutôt bien, et des pauvres innocents qui finiront mal. Il est immoral, ce jeu !
- L’évolution du perso limitée à 30 niveaux. En même temps deux choses. L’une : A ce moment là, le personnage est prêt pour la bataille finale. Et de deux : Ca motive d’avantage à faire des choix précis d’évolution de personnage. J’imagine qu’en Mode Hardcore, chaque point délivré doit être judicieusement placé. Donc c’est plutôt « immersifiant » (invente toi aussi tes propres mots avec le Ségo-Ribery Illustré) et bien joué de la part d’Obsidian (en plus, un bon coup marketing à la clé, car les DLC permettent chacune d’ajouter 5 niveaux supplémentaires ! ^^)
- Le jeu est bien plus gore que je l’imaginais. A ne pas mettre dans les mains d’une âme innocente.
- L’installation du jeu qui nécessite une inscription chez Steam, rien que pour récupérer les 4 derniers pourcents du jeu (4 heures de downloading pour moi !). C’est honteux de faire ça aux gens qui achètent en matérialisé, puisqu’une connection lente est rédhibitoire pour le dématérialisé. J’ai du attendre 9 mois avant de pouvoir finir c’te p’tin d’installation de mes 2 c*.
Pour synthétiser, Fallout New Vegas c’est étrange, c’est glauque, c’est profond.
Mais je préfère les mondes plus bucoliques des Elder Scrolls.
Malgré les points négatifs sur lesquels je souhaitais m’attarder, c’est une expérience mémorable. J’ai très envie de recommencer le jeu. Il me reste à découvrir le dénouement au profit de La Légion, et puis découvrir de nombreux lieux inexplorés, même après avoir fini le jeu de 3 manières différentes. Aussi, je suis très motivé pour me lancer dans les autres Fallout, j’ai du rater pas mal de clin d’œil.
Note : 15/20 (c'était à deux doigts du 20/20
)






Laisser un commentaire: